Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Tranches de vie

Table ronde : "Y-a-t-il une vie en Lorraine après la sidérurgie ? "

Les hauts-fourneaux de Rombas
Cette soirée dont la question de départ était volontairement provocante, fut organisée par la paroisse catholique de Talange, la paroisse réformée de Hagondange-Maizières, la JOC (jeunesse ouvrière catholique), les EOP (équipes ouvrières protestantes), et la Fraternité de la mission populaire Evangélique en Lorraine Sidérurgique.

Bernard Saettler
Au cours de cette table ronde (une quarantaine de personnes) animée par Bernard Saettler (de la SEMIS), tous les participants se sont rejoints au-delà d'approches pourtant bien différentes, pour constater que le système économique actuel a atteint ses limites ; bien plus, il conduit à des impasses qui ne peuvent pas déboucher sur le bonheur des humains.
Les paroles d'accueil prononcées par l'abbé Bernard Klein de Talange et l'introduction biblique menée par le Pasteur Jacques Morel de Hagondange ont toutes deux réaffirmé la place centrale que les humains occupent au sein de la Création ; toute la Bible est traversée par l'exigence de justice sociale et celle-ci ne peut s'accomplir qu'avec la mise en place de règles économiques fortes. Sans elles, pas de liberté possible car un monde qui laisse régner " les lois naturelles " (et c'est bien cela qu'impose le libéralisme économique) sans chercher à les encadrer génère forcément de la violence et de l'injustice.
M. Phan-Dinh
Pour M. Phan-Dinh (CGT) le constat est très sévère : la sidérurgie a bien mal évolué, il y a un recul social très net ; le capitalisme n'a plus aucune limite dans son désir d'enrichissement (il faut satisfaire les actionnaires) et oublie très commodément les réalités humaines qui existent derrière les chiffres. La suite du débat a d'ailleurs montré combien les gens souffrent de peser aussi peu pour les " décideurs ". M. Phan-Dinh ne croit pas en une moralisation de l'économie et pense que seuls des contre-pouvoirs pourraient limiter les dégâts.



Sarah Leclerc-Croci

Sarah Leclerc-Croci (JOC) a exprimé l'inquiétude et le découragement des jeunes quant à leur avenir : manque de perspectives professionnelles, difficultés matérielles dans leurs formations, sentiment de ne pas être pris au sérieux ; la façon dont on traite les salariés ("comme une matière malléable qu'on peut adapter partout selon les besoins du marché ") les alarme. Mais là où il y a de la vie il reste de l'espoir nous dit Sarah ; les jeunes de la JOC veulent encore croire qu'on peut prendre sa vie en main et mettent en place des espaces pour agir et évoluer.



Sylvie Foell

Sans nier les impasses, la pasteure Sylvie Foell (MIAN) a offert une parole très forte, l'intime conviction que malgré tout la vie est plus forte que tout et triomphera toujours, à condition de se battre. Après avoir fait le deuil de sa situation (et les lieux de parole proposés par l'Église y contribuent car il est important d'exprimer et de partager), on peut se relever et poursuivre sa route d'une autre manière. Il faut absolument préserver cette capacité à se battre.




Tout le débat, empreint d'inquiétude mais aussi d'espérance, a été traversé par cette question : Sommes-nous des jouets passifs et ballottés au gré de cette économie libérale, ou avons-nous les moyens d'agir pour que d'autres chemins soient empruntés ? Et comment faire ?

Tout au long de la discussion, beaucoup de verbes positifs viennent se mélanger aux constats décourageants (réfléchir, résister, changer individuellement et collectivement, voter, s'exprimer, être citoyens, ne pas se résigner, s'indigner) ; tous mettent l'accent sur notre responsabilité. Il faut absolument montrer aux gens que des choses sont possibles et que le monde ne changera pas sans eux. D'ailleurs on sent sur ce plan quelques frémissements, une sorte de réveil s'opère un peu partout pour dire que " ça n'est plus possible ". Indignons-nous, souligne l'abbé Bernard Klein, c'est d'ailleurs tout le sens de la mission des prophètes.

On insiste sur le rôle d'une éducation populaire qui développe la pensée critique, une pensée qui contribue aux prises de conscience (par exemple aider les jeunes à analyser les images de la pub) et qui apprendra à résister. Cette éducation collective doit être enrichie par une éducation individuelle à la responsabilité personnelle et à la solidarité ; comment je consomme, pour moi tout seul ou en pensant à mon voisin ? En fait le collectif et l'individuel interagissent.
Le débat nous porte encore plus loin : ne sommes-nous pas responsables du choix des hommes politiques qui sont au pouvoir (après tout c'est nous qui votons !), ne sommes-nous pas complices de la société dans laquelle nous vivons ? Nous détestons cette société de consommation, mais soyons francs, nous l'aimons aussi et en tirons des bénéfices immédiats. Être des citoyens qui veulent vraiment construire autre chose, demande de notre part un changement extrêmement profond... et couteûx.     Lire Et les hommes ? par negative_rf36/19
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