Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Que venons-nous chercher ici ?

Dans l'après-midi, le Pasteur Jacques Morel nous a emmenés sur les chemins escarpés et un peu raides d'un échange où, en s'appuyant sur deux textes bibliques, il proposait que nous portions un regard sur nous-mêmes en tant que communauté en Église :

Les compagnons d'Emmaüs (dont l'histoire fut l'ossature de la liturgie du culte) s'enfermaient dans des attentes déçues et dans une lecture hermétique des événements passés ; cette lecture les paralysait, les enfonçait dans les regrets et dans le désespoir, fermait leur avenir. Quant à Nicodème, confiné dans sa religion et dans les modèles qui lui ont été transmis, il ne peut comprendre les paroles de Jésus. Ces deux histoires de personnes prisonnières de filtres et de grilles qui tamisent pour séparer, comment font-elles écho à ce que nous vivons ?

Et qu'est-ce qui fait que nous soyons réunis en Église alors que c'est inadapté au monde extérieur ? Que venons-nous chercher ici, quelles sont nos attentes ? Ne sommes-nous pas parfois bloqués, parce que fixés à un passé révolu que nous regrettons (églises d'antan pleines....) ?
Des éléments de réponses sont proposés, qui eux-mêmes ouvrent la voie vers d'autres questions. Voici quelques traces "désordonnées" des échanges :
  • Besoin de re-entendre dimanche après dimanche parler de " ces choses " pour s'en convaincre, pour apaiser des doutes dont certains sont produits parce que nous sommes un peu écrasés par le poids des contraintes du monde quotidien. Mais les doutes doivent-ils faire peur ? Faut-il des limites à la foi ? Et si les modèles transmis parasitent notre compréhension des choses (comme pour Nicodème), tous les modèles doivent-ils être rejetés ? Les modèles sont nécessaires, ils sont des repères qui valent ce qu'ils valent, pas plus et pas moins !

  • Recherche de ressourcement pour aller ensuite vers le monde où il est si difficile de vivre et où nous tentons de vivre nos convictions chrétiennes. Seulement, la communauté est comme le monde, un mélange indébrouillable de bon et de mauvais. Et comment aussi aller dans le monde où il est si mal vu de se demander " qui est Dieu ? " (aujourd'hui, la religion doit rester dans la sphère du privé)

  • Progresser au contact des autres. Mais qu'échangeons-nous vraiment ?

  • Se faire plaisir ; on est tout simplement bien ensemble.

  • Chercher à s'y retrouver dans la complexité des Écritures et dans ses apparentes contradictions, trouver de la cohérence. Et si nous inventions un espace "hors culte du dimanche matin" pour lire communautairement les Écritures ? Ce serait aussi l'occasion pour les pasteurs de savoir comment leurs prédications ricochent.

  • Donner du poids et de l'espace à ce qui compte vraiment pour nous.

  • Avancer dans l'espérance et dans la communion. Ceci est très important, car Christ après sa mort n'apparaît qu'à des groupes de personnes réunies pour lui, jamais à des personnes isolées.

  • Le temps est essentiel (il faudra à Nicodème tout l'Évangile pour être atteint par la parole de Jésus), nous avons tout le temps pour progresser ; nous ne devons pas faire l'économie des moments de halte qui permettent le lent mûrissement. De nos jours où tout doit aller si vite, il y a une attente de réponses toutes faites et définitives. Mais d'autres ressentent plutôt la nécessité pour la communauté, de mouvements et de nouveauté (en opposition à la répétition)
Dans le cheminement des pèlerins d'Emmaüs, il est question d'une extériorité: c'est l'accompagnement de Jésus qui incite les disciples à une re-lecture des événements, débloque la situation et remet en marche vers un avenir. Et nous, où pourrions-nous trouver cette extériorité pour notre communauté ? Reconnaïtre que nous en avons besoin, c'est admettre que nous ne possédons pas la vérité, nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes.
Insistons aussi une nouvelle fois sur ce passage de Jean 3/16: Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Dieu aime le monde tel qu'il est, ici et maintenant ; entendons-nous cela dans notre rapport à ce monde ?
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