Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Réflexion sur la diaconie, février 2010

Bernard Saettler, le directeur de la SEMIS (Société évangélique mission intérieure de Strasbourg) qui accompagnait cette journée missionnaire, souligna d'emblée que les 4 piliers de l'Église selon Luther y trouvaient largement leur place :
  • Le culte fut rendu à Dieu.
  • La communauté se montra vivante de multiples façons tout au long de cette journée, dans les chants, les prières, le travail partagé gaiement et le repas sympathique pris en commun.
  • Le témoignage fut bien réel dans les échanges verbaux.
  • La diaconie s'exprima dans le service, l'accueil et le souci de l'autre, et aussi dans le regard attentif porté sur le monde.
Cette journée fut tout spécialement consacrée aux questions diaconales. Dans les premières communautés chrétiennes, les diacres rassemblaient le jour du culte tout ce que les gens rapportaient et après le repas communautaire, ils redistribuaient équitablement ce qui en restait. L'aide et le service se déroulaient donc directement dans le culte. Qu'en est-il aujourd'hui ? Comment s'engage t-on dans la société au nom de l'Évangile ?

Bernard Saettler souligne avec force que les mots prononcés ou le regard porté sur les personnes laissées au bord du chemin, ne doit ni les enfermer ni les figer dans leurs difficultés actuelles. Ce qui importe, c'est l'être humain tout entier rencontré ; c'est l'homme ou la femme avec son histoire, ses fragilités, ses blessures à guérir, ses richesses et ses ressources propres. Ainsi lorsque l'on parle de Rmiste ou de SDF (au lieu de dire "une personne au Rmi", "une personne SDF"), on les réduit à leur situation actuelle comme s'ils n'étaient rien d'autre.
Bernard adosse cette conviction forte à l'épisode biblique de l'homme paralysé (Luc 5/17). Dans cette histoire, c'est l'homme paralysé qui est (re)mis au centre et en 1ère place, tandis que sa natte/galère disparaît au fur et à mesure. Cet homme a eu besoin de porteurs pour l'amener à Jésus, et c'est dans ce sens que l'aide diaconale pourrait être comprise, même si le défi de passer l'homme à travers les tuiles en céramique était insurmontable. Grâce à la rencontre avec Jésus, galère et résignation n'ont pas eu le dernier mot.

À la Semis la première aide proposée, c'est l'accueil et l'écoute même si parfois on ne peut pas aller plus loin. En tous cas l'aide d'urgence n'est jamais donnée de manière isolée car ce n'est pas elle qui permettra à la personne de reprendre pied dans la vie. Des professionnels ou des personnes bénévoles prennent le temps de l'écouter raconter son histoire, d'accompagner sa situation, de chercher des solutions avec elle. Tout est fait pour l'aider à se structurer. Ainsi, le secours s'inscrit dans une démarche réfléchie et suivie qui permettra d'avancer debout. À la Semis, on insiste toujours sur la nécessité de garder son toit. C'est difficile car actuellement la demande d'aide alimentaire explose (loyers et charges augmentent de trop) et que de plus en plus de personnes âgées connaissent des situations difficiles. Le problème des demandeurs d'asile sans aucune ressource s'accentue aussi.

Diaconie signifie littéralement "à travers la poussière". C'est une jolie définition déclare Bernard, car lorsque l'on s'engage, on est touché, changé et il en reste toujours quelque chose, comme une trace de poussière...

Outre cet accueil de gens en difficulté, la Semis a aussi pour vocation d'accompagner "la demande vers du neuf" de celles et ceux qui cherchent à inventer de nouvelles formes d'existence en Église, afin que la nostalgie du temps passé ne soient pas paralysante. Ainsi ne faut-il pas sortir des 4 murs de nos Églises pour rencontrer les autres ? Dans ce domaine, il importe de faire des choix qui tiennent compte de nos priorités et de nos limites. Il faut aussi... savoir renoncer. En croisant et en confrontant les expériences d'autres mouvements caritatifs, la SEMIS choisit de s'enrichir des différences. Elle propose aussi, en lien avec la Mission de l'industrie, un accompagnement pastoral de la vie professionnelle où il s'agit d'écouter et d'accueillir les hommes et les femmes dans le monde du travail. Sa vocation est toujours de se tenir à la charnière du geste (action) et de la parole, pour porter un message de libération et pour être témoin de l'espérance.                     Retour vers chantiers de réflexion
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