Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Rapport moral, septembre 2013


En septembre 2011, le pasteur Pierre Blumenroeder concluait sa prédication par ces mots : "Malgré nos peurs, osons, osons vivre même si nous savons que cela n'est pas facile et que parfois nous en "prenons plein la figure", osons même si certains jours, découragés, nous aurions plutôt envie de reculer, osons la fraternit&é et la vie en Église. "
C'est ce qu'un autre pasteur encore, appelait "marcher debout avec l'Évangile"

Voilà je pense ce qui dépeint assez bien les deux dernières années de vie dans l'Église locale de Hagondange-Maizières. Lors de la mise en route de nos divers projets, je me suis dit plus d'une fois, "on est gonflé", "c'est risqué, pourvu que cela aille !" Accueillir tous les jours et durant trois mois complets, le groupe des demandeurs d'emploi de l'AIC, construire ce projet de centenaire ou le dossier de rénovation du temple par exemple, ce n'était tout de même pas une mince affaire !

Et puis, à chaque fois quelqu'un était là pour rappeler que l'on pouvait oser, pour rappeler aussi que l'on a le droit de se tromper et que tant pis, on se relèvera. Il y a eu des gens pour aider, pour mettre la main à la pâte, pour soutenir, rassurer, pour dire "mais oui ça ira tu verras" (merci Evelyne). Chacun je crois a pris conscience des défis qui s'ouvraient à nous, et on s'est vraiment serré les coudes pour avancer ensemble.

Parce qu'il y a cette autre devise si chère à nos cœurs et que je voudrais mettre en perspective, "la paroisse c'est l'affaire de tous". Tous sont concernés, engagés, impliqués, tous peuvent donner leur avis, prendre la parole, être une force de proposition, prendre des nouvelles d'un tel, poser des questions, bref, vous avez tous participé et pris part, à votre mesure, à la vie de la communauté.

Petit retour en arrière : Cela a été souvent souligné, mais j'aimerais rappeler tout d'abord que Jacques Morel a quitté une paroisse en bonne santé sur tous les plans, une paroisse prête à mener sa vie, des groupes qui fonctionnaient bien, des cultes bien fréquentés et un conseil presbytéral conscient de ses responsabilités, capable de prendre les choses en charge.

Le culte a été assuré chaque semaine durant ces deux années, parce qu'il est premier dans notre vie de chrétiens ; il a eu lieu dans les deux temples, c'était une volonté du CP afin que la vie des deux secteurs de la paroisse soit préservée. Je pense notamment au moment fraternel qui prolonge le culte à Maizières, un temps de partage très fort auquel les gens tiennent beaucoup. Des prédicateurs laïcs, des pasteurs du secteur ou venant de plus loin encore, ont assuré les cultes et les casuels. Quelques conseillers se sont impliqués aussi pour les cultes, assez régulièrement, et on peut souligner cette implication qui n'allait pas de soi.

Le culte à la maison de retraite des Châtaigniers a eu lieu tous les mois, coup de chapeau pour Evelyne et Hélène qui l'ont pris en charge de façon complètement autonome. À Maizières au Pré vert le contact a été maintenu régulièrement, grâce à Pierre Blumenroeder, ici encore les paroissiennes (Annie, Paulette, Mme Werling, Erna) ont accompagné joliment ces rencontres. Tout cela fait bien peu de bruit, cela ne se voit pas beaucoup non plus, mais c'est essentiel.

Côté célébrations cultuelles, on peut aussi rappeler les quelques rencontres dans un cadre œcuménique, organisées du côté de la rive droite de la Moselle.

Donc, une vie cultuelle qui s'est poursuivie régulièrement, de manière assez naturelle et évidente.

Tous nos moments de rencontres en paroisse (la journée mission, la journée de rentrée, les assemblées paroissiales, la fête de Noël, le barbecue d'été, la journée en mai) ont été maintenus. Ces moments festifs et fraternels sont chers à nos yeux parce qu'ils sont un ciment pour notre communauté ; et à chaque fois, vous dites et vous répétez combien la journée était bonne, joyeuse, et combien vous tenez à ces rencontres. Les relations y sont devenues riches et fortes.

Ainsi, comme dans une famille nous avons besoin de nous retrouver entre nous (on n'invite pas ses voisins à chaque fois). On voit à présent des enfants lors de ces journées festives, c'est une joie pour les adultes ; ces journées favorisent le décloisonnement car les âges de la vie sont mélangés. Elles permettent aussi aux enfants de commencer à construire une histoire avec l'Église. À relever également, il est arrivé que des personnes, grâce à ces temps conviviaux, renouent des liens avec la paroisse.

Nous avons ainsi ouvert nos portes pour la bourse aux plantes, nous avons eu des rencontres avec Christian Bonnet le Secrétaire général du Défap, Alain Deheuvels le président de la Cause, Christian Krieger, nous avons réfléhi à des thèmes liés à la création, nous avons débattu des différentes manières de vivre en Église, autant de moments qui ont été importants et où notre culture du débat et du partage d'idées a pu s'exprimer.

Les groupes paroissiaux se sont rencontrés régulièrement, parfois avec des difficultés de co-voituge pour le Café partage ou des problèmes d'emplois du temps trop chargés pour le groupe de partage biblique, ce sont deux écueils un peu récurrents. Même sans pasteur lors de ces rencontres nous avons lu les Écritures, prié, chanté, partagé. Mais nous avons aussi pu relever combien la parole du pasteur est précieuse, spécifique, éclairée, irremplaçable.

À Maizières, les rencontres du groupe biblique œcuménique ont continué grâce à des pasteurs d'autres paroisses.

Côté jeunesse, le jardin biblique s'est étoffé, on sent que les enfants ont du plaisir à se retrouver ensemble et qu'il y a de la vie. On peut rendre hommage à la ténacité et au courage des animateurs, Jean-David et Martine DR, car il n'est vraiment pas facile d'organiser des rencontres, ils sont eux mêmes très occupés et de nos jours les enfants sont bien moins disponibles, et donc il faut aussi compter et construire avec ces réalités-là.

Les personnes de passage chez nous relèvent souvent le bon état de nos lieux de vie qui sont bien entretenus et donc accueillants. Merci à ceux qui prennent soin des bâtiments et qui restent attentifs à leur état, à ceux qui contribuent au ménage dans les temples, ceux qui tondent les pelouses, je pense notamment à Fred, à Quentin et Gaëtan Pierson, présents très discrètement quand ils le peuvent, merci aussi à ceux qui se retrouvent les tout derniers, un balai à la main pour les derniers nettoyages, lors des journées festives...

La manière dont se passe la gestion des lieux dépasse justement la simple question de la gestion des lieux, car elle témoigne de notre manière de vivre en Église. C'est bien plus que de l'organisation, c'est juste ... de la vie. Ainsi ce qui s'est passé à Hagondange à l'occasion de l'enterrement de notre sacristain est assez révélateur : la veille de l'enterrement, des paroissiens se sont retrouvés dans l'enceinte du temple, sans se concerter, de manière quasiment naturelle, pour préparer des lieux le plus accueillants possible, sachant aussi se rendre disponible pour accompagner avec la famille le goûter d'après enterrement, témoignant là d'un grand sens des responsabilités ; et ce fut une belle manière communautaire d'être présent, un beau geste de fraternité envers la famille.

Un mot au sujet du Conseil presbytéral, c'est une équipe qui fonctionne vraiment bien, de manière collégiale et très fraternelle ; il y a énormément d'échanges et de discussions, et je peux vous assurer que cela débat beaucoup avant de prendre une décision. Les anciens conseillers, Albert, Alain, Jean se sont montrés disponibles et accueillants, chaque fois que nous avons eu besoin d'évoquer avec eux des sujets préoccupants.

On peut noter aussi que les relations avec Strasbourg se sont apaisées, ce qui ne nous empêche nullement d'exprimer parfois des désaccords sur certains points quand nous le jugeons nécessaire. On peut rappeler aussi que nos instances d'Église ont relevé et souligné très positivement le travail de réflexion que notre paroisse a mené en vue du synode, "comment dire Dieu aujourd'hui". Ils ont été je crois un petit peu bluffés même, par l'implication de la paroisse.
Mais finalement j'ai l'impression que ces partages d'idées et de questions, ces débats nous sont assez naturels. Ils cimentent aussi la vie communautaire.

Alors bien évidemment tout n'est pas rose, bien évidemment que nous aimerions être plus nombreux, mais la qualité relationnelle n'est-elle pas tout aussi importante sinon plus, que la quantité et les stats ? Nous aimerions accueillir plus de jeunes, rentrer plus d'argent, peut-être faire plus de choses aussi, mais prenons garde à l'activisme qui risque d'étouffer notre vie. Et puis, il faut je crois rendre grâce, simplement, pour ce qui existe.

J'aimerais remercier certaines personnes en particulier.
  • Fred, qui a été un interlocuteur de confiance, toujours disponible, avec lui j'ai pu travailler des dossiers et partager bien des questions dans une bonne collaboration.
  • Évelyne, qui s'est inquiétée, simplement, pour la fatigue des uns et des autres.
  • Albert, on peut toujours compter sur lui pour rendre des services.
  • Et puis Jean, qui a été un soutien inconditionnel de tous les jours, toujours prêt à conseiller, à écouter, à courir aussi à droite à gauche, sans faire de bruit, pour dépanner.
Pour l'année à venir, les festivités du centenaire se poursuivront, c'est une affaire qui roule. Elles contribueront au rayonnement de l'Église locale. On peut rappeler le formidable succès de la journée du patrimoine et notre étonnement devant le nombre important de personnes qui se sont déplacées. Je crois que ce jour-là, nous nous sommes fait des amis. Je pense que cette réussite s'explique aussi par le plaisir que nous avons eu à travailler avec les différents interlocuteurs, le plaisir, c'est une notion pourtant que l'on n'évoque pas souvent dans nos Élises... Cette journée a aussi créé du lien, elle a rappelé qu'un temple ne vit pas en vase clos.

Et puis cette année se réaliseront les travaux de rénovation du temple de Hagondange. On vous en parle depuis longtemps, mais les choses ne se sont pas passées comme nous le pensions, si bien que le projet a été un petit peu retardé. Je n'entrerai pas dans les détails, mais finalement c'est la Mairie de Hagondange qui est contrainte par la loi de prendre la maîtrise d'ouvrage, parce que la subvention qu'elle nous accorde, est très élevée. Les travaux devraient débuter en début d'année 2014, et durer à peu près deux mois.

Voilà, nous avons le bonheur d'accueillir un pasteur et l'aventure se poursuit. Je ne dirais pas, comme on l'entend parfois, que la paroisse a un pasteur, car nous ne le possédons pas, il ne nous appartient pas, et il n'est pas à nos ordres  est là pour être avec nous.

D'autres défis s'ouvrent à nous, d'autres questions se posent à notre Église locale de Hagondange-Maizières :

- quel équilibre trouver entre notre propre vie communautaire et la vie avec les autres paroisses ? Je crois que nous allons beaucoup débattre de cela cette année. Je voudrais rappeler que chaque assemblée locale de croyants est une Église en elle-même. Il faut vraiment le dire, le répépéter et le vivre. Le Conseil presbytéral, à de nombreuses reprises, a réaffirmé que ce qui est prioritaire, c'est l'édification et la consolidation de notre communauté, un travail de tissage de liens. Vous êtes d'ailleurs nombreux à venir me voir et à me dire qu'il ne faut surtout pas casser ce qui a été patiemment construit durant ces 10 dernières années voire plus, parce que cela a été un long travail patient.

- La paroisse est aussi un lieu de vie ouvert aux autres, à TOUS les autres, comment s'adresser à eux sans chercher à les faire rentrer dans nos rangs, mais en leur donnant envie de nous rencontrer et en acceptant simplement de faire un petit bout de chemin avec eux ? Le reste viendra.

- Et puis bien sûr, il y a l'annonce de l'Évangile, notre raison d'être, notre mission, l'Évangile à vivre et à porter vers les autres. C'est le défi premier...
Claudine Wendenbaum, présidente du Conseil presbytéral
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