Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Amen en hébreu
Amen

Le mot...

Le mot amen trouve son origine dans une famille de termes sémitiques qui existent aussi bien en phénicien, en arabe, en tigréen éthiopien ou en araméen syriaque.
Certains pourtant lui attribuent une origine païenne, pensant qu'il vient du dieu égyptien Amon.
Sa racine correspond au verbe hébreu aman qui signifie "être ferme, fiable, solide, durer, rester" et par extension : " faire confiance en ce qui est solide ". Plusieurs mots hébreux sont construits à partir de ce verbe : Emouna : la foi, Emet : la vérité, Amana : la confiance, Amna : vraiment, assurément. Et Amen.
En usage aussi dans le Coran (amine), il est passé directement de l'hébreu au grec du Nouveau testament (AMHN), puis au latin, au français et à de nombreuses autres langues. On peut remarquer que lorsqu'elles ont été confrontées au mot hébreu, les Églises de langue grecque du premier siècle après Jésus Christ ont préféré ne pas le traduire (c'est aussi le cas du mot abba, papa).

Selon la tradition rabbinique, amen serait l'acronyme de adona¨i melech neeman : sa première lettre signifie " Dieu ", les deux suivantes veulent dire "roi", et la dernière se traduit par "en qui nous avons confiance". Prononcer amen selon le sens hébreu, c'est acquiescer à l'idée d'un Dieu Créateur, de qui on a accepté la loi révélée au Sinaï, et en qui on a confiance pour le futur, pour le devenir.

Amen est donc un mot quasiment universel, son sens courant et sa prononciation sont à peu près les mêmes dans toutes les langues modernes. Lorsqu'il est utilisé hors de tout contexte religieux, il exprime l'assentiment. Annonçant la fin d'une prière, il est une façon de parapher, d'authentifier une parole : ce qui a été dit est vrai, ou je souhaite que cela soit. Prononcer amen, c'est aussi s'associer à la requête d'un autre, à sa démarche, à sa préoccupation ou à son allégresse, (1 Cor 14/16 : Autrement, si tu rends grâces par l'esprit, comment celui qui est dans les rangs de l'homme du peuple répondra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ?) et dans ce cas le mot traduit l'empathie à l'égard de ce qu'un autre que moi exprime.

Quel sens les Écritures nous en livrent-elles ?

Dans l'Ancien testament, l'usage du mot est relativement limité. Amen est rarement utilisé dans un contexte de prière, en tout cas il ne sert jamais à conclure une prière et le plus souvent il dépasse le simple ainsi soit-il un peu passif. Venant sceller une alliance, il apparaît comme une déclaration de confiance, une réponse d'adhésion du peuple d'Israël au projet que Dieu forme pour lui. Dans Deutéronome 27 (verset 14 et suivants) amen prend quasiment place dans une liturgie, il exprime l'engagement, l'adhésion communautaire et active des Hébreux à la loi qui vient d'être lue par Moïse. Au moment où il est sur le point d'entrer en terre promise, c'est une manière pour le peuple de reconnaître que cette loi est un fondement stable, une manière de dire "nous sommes d'accord, nous adhérons fidèlement à ce qui vient d'être dit ".
Plus rarement, il peut arriver que cette réponse positive soit donnée par une seule personne et non plus collectivement, lorsque Dieu rappelle à Jérémie la promesse faite autrefois au désert, le prophète répond Amen YHWH. (Jér 11/1-5).

Le recours au mot amen peut parfois se faire dans le contexte d'une alliance plus politique qui se noue entre trois alliés, le roi, son Dieu et le peuple, comme quand le roi David désigne en Salomon son successeur : Benayahou, alors témoin de la scène et représentant du peuple, répond à David " Amen ! Que YHWH, Dieu de mon seigneur le roi parle ainsi... " (1 Rois 1/36), s'engageant à respecter la volonté du roi.
Enfin, amen intervient parfois dans le contexte d'une alliance conjugale qui veut se réaliser sous le regard de Dieu : Au soir de leurs noces, Tobit et Sarah prient Dieu en disant : "Ordonne qu'il nous soit fait miséricorde, à elle et à moi, et que nous parvenions ensemble à la vieillesse." Puis ils dirent d'une seule voix : "Amen, amen !" (Tobit 8,8-9)

Toujours dans l'Ancien testament et un peu en marge de cette thématique fondamentale de l'alliance, le mot amen apparaît plus tardivement sous le calame de quelques scribes. Les Psaumes 41, 72, 89 et 106 se terminent par un verset qui contient une bénédiction soulignée elle-même à la fin par amen. Chacun de ces versets termine un livre entier de psaumes (on considère généralement que les 150 psaumes se structurent en cinq livres). C'est certainement ici une habitude de scribe qui cherche à organiser une unité de textes en le jalonnant et en marquant l'endroit où s'achève un des livres de l'ensemble. Sans doute le scribe veut-il aussi souligner qu'il souscrit à ce qu'il vient d'inscrire.

Dans les Évangiles, c'est d'une tout autre manière que Jésus recourt à ce mot, une façon qui lui est spécifique et qui constitue sa marque personnelle. Amen n'achève pas ses paroles, au contraire, Jésus introduit souvent son enseignement par "Amen, je vous le dis..." (Marc 3/28, Marc 9/1, Matthieu 16/28, Luc 9/27...), expression que la TOB traduira plutôt par "en vérité je vous le dis". L'évangéliste Jean double le mot ("Amen amen je vous le dis") et là où Matthieu emploie la transcription grecque du mot hébreu aMeN, Luc emploie plutôt alethos qui veut dire "vraiment".

Alors que dans l'Ancien testament la plupart du temps Amen fait référence à des paroles qui ont été dites par un autre, Jésus utilise ce mot pour appuyer ses propres paroles et affirmer la véracité de ce qu'il est sur le point de dire. Il est ainsi le seul à dire amen à sa propre parole. Afin de ratifier ce qui est dit, il n'a pas besoin d'attendre d'avoir parlé car tout ce qu'il dit porte déjà la marque de la vérité certaine. Amen dans sa bouche affirme la pérennité, le fondement solide de sa parole et cette idée culmine tout particulièrement dans le livre de l'Apocalypse qui identifie Christ à "l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu" (Ap 3/14). En Christ, Dieu énonce un Amen définitif à l'alliance et c'est non pas un dernier mot, mais le commencement de la création de Dieu.
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