Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Bénédiction

Le mot...

Bénir vient de benedicere, " dire bien ", qui lui-même est la traduction directe du mot grec eulogein. Il contient donc l'idée que la bénédiction, c'est d'abord une parole.
Dans les Écritures, c'est la racine bara'h qui est le plus souvent employée pour désigner l'acte de bénir et dont est tiré le mot bénédiction (bra'ha). Cette racine, qu'on retrouve près de 350 fois dans la bible hébraïque possède d'ailleurs plusieurs sens et selon la forme verbale à laquelle elle est utilisée, elle peut signifier bénir, louer, combler de biens, être béni...
C'est de cette même racine barah que vient le mot baraka, qui exprime l'idée de chance, de puissance.

La bénédiction est avant toute chose, une " parole de bien " féconde qui vient de Dieu et qui nous accompagne. L'Éternel, source de bénédiction, est à l'origine de toute vie et souhaite que cette vie s'épanouisse en plénitude.


Selon les Écritures, la bénédiction divine est donnée dès la Création et sans contrepartie lorsque Dieu bénit l'homme et la femme pour qu'ils soient féconds et qu'ils se multiplient (Gn 1/22, 1/28, 2/3).
Les débuts de l'histoire du salut sont ensuite marqués par la bénédiction divine offerte à Abraham qui, selon la promesse de Dieu, deviendra le père d'une multitude (encore la fécondité !), et qui lui-même deviendra une source de bénédiction pour toutes les familles de la terre. La bénédiction fait référence à l'alliance et toute l'histoire du salut dans l'Ancien testament reposera sur la transmission, le développement et la manifestation de cette bénédiction qui fut accordée à Abraham. L'ultime bénédiction c'est la présence de Dieu au milieu de son peuple : "Ma demeure sera au milieu de vous, je marcherai au milieu de vous et vous serez mon peuple..." (Lv. 26/11-12).

En bénissant, Dieu met en route pour un projet. La bénédiction n'est pas l'assurance que tout se passera sans difficultés, c'est l'assurance que le projet se réalisera.

L'action et la parole bienfaisantes de Dieu ne sont pas accordées en échange de quelque chose, néanmoins elles doivent être soutenue par l'amour porté à Dieu et au prochain : Écoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur Un. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force.(Dt 6/4) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel. (Lv. 19/18)

À cette bénédiction qui nous vient de Dieu, peut répondre notre propre bénédiction, c'est-à-dire notre merci et notre louange pour tous les " biendits " (bienfaits) de Dieu. Bénir Dieu, c'est le louer, lui rendre grâce pour les merveilles de la création et pour ses interventions dans l'histoire qui expriment sa bonté et sa puissance salvatrice. En bénissant Dieu, nous reconnaissons ses bienfaits. Ainsi s'écriait le roi David : " Bénis le Seigneur, ô mon âme, et n'oublie aucune de ses largesses ! C'est lui qui pardonne entièrement ta faute et guérit tous tes maux (Ps 103/1).

La bénédiction divine trouve son plein aboutissement dans le Verbe incarné, Jésus le Christ mort et ressuscité pour nous tous : " Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : il nous a béni de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ " (Ep 1/3).
Nous croyons que sans avoir besoin de mériter son amour nous recevons la bénédiction de Dieu alors même que nous sommes pêcheurs, et c'est en ce sens que la mort de Jésus Christ pour nous est la plus grande des bénédictions que nous ayons reçue de Dieu.

C'est dans le don de son Fils que l'Éternel bénit l'humanité en lui permettant de renaître à la vie nouvelle des enfants de Dieu.

Avec l'avènement de la nouvelle alliance en Christ, nous sommes aussi appelés à bénir les autres. Jésus nous enseigne que nous pouvons demander la bénédiction de Dieu sur les autres, sur ceux que nous aimons, mais aussi sur nos ennemis : "Aimez vos ennemis, bénissez ceux vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent." (Mt 5/43-48)

La bénédiction peut parfois tourner à une affaire de magie, lorsqu'elle est utilisée par les humains pour pousser Dieu à faire ce qu'ils veulent. Bénir au nom de Dieu des chiens, des maisons, des orgues, ou toutes sortes d'autres choses, n'est-ce pas vouloir sortir du merci et chercher à maîtriser la parole divine ou encore à capturer le pouvoir divin et s'en servir pour nous-mêmes ? Ainsi agit à ses dépens Balaq, le roi de Moab, qui demanda à Balaam de maudire le peuple d'Israël en détournant la bénédiction de Dieu (Nombres 22/5 et svts).

La bénédiction reste propriété de Dieu, nous ne sommes que de simples porteurs de cette parole bénéfique qui vient de Lui.

L'imposition des mains

Cette expression désigne le geste qui consiste à appliquer les mains sur une personne ou une chose. Ce geste symbolise (ou effectue réellement selon certains) la transmission d'une vertu ou d'une force par le contact et revêt une connotation religieuse, rituelle ou parfois magique.

Déjà pratiqué dans la religion égyptienne où il comportait un aspect magique, on le trouve aussi dans la mythologie grecque. Asclepios ainsi recourt à ce geste car son toucher est chargé d'une puissance de guérison. Cette pratique n'est pas non plus inconnue chez les Romains, pour qui elle correspondait à un geste de transmission de force, de sanctification ou de consécration.

Dans l'Ancien testament, l'imposition des mains est un rituel établi qui avait sa place lors de la bénédiction. (Gn 48/14-17, Israël bénit les enfants de Joseph). Les mains étaient aussi imposées sur la tête des animaux destinés aux sacrifices. De même lorsque les prêtres et les sacrificateurs étaient consacrés pour le service de l'Éternel, on leur imposait les mains (Nb 27/18).

Ce même geste est aussi évoqué dans le Nouveau testament, mais il ne semble plus correspondre à un rituel figé et bien établi, car Jésus impose les mains dans des situations bien différentes et selon des significations multiples : pour guérir les malades, (Mt 9/18 ; Mc 5/23 ; Lc 4/40), pour bénir (Mc 10/13-16 ; Mt 19/13, 15), pour transmettre une puissance de guérison (dans les Actes des Apôtres), lors de l'institution ministérielle (Ac 6/6), pour le don du Saint-Esprit (Ac 8/18).

Dans nos Églises protestantes d'aujourd'hui, la pratique de ce geste de bénédiction est toujours associée à la parole de Dieu. La bénédiction se donne en fin de culte, et aussi au moment du baptême, au moment de la confirmation et lors de la célébration d'un mariage.
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