Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Carême

Le mot...

Le terme vient du latin quadragesimus qui signifie "quarantième" et il désigne la période de 40 jours avant la période pascale. Quelle que soit la date de Pâques le mois de mars englobe toujours cette période, d'où l'expression "arriver comme Mars en carême", utilisée pour dire que quelque chose arrive de manière inévitable et régulière.

Un peu d'histoire...

Dans l'Église primitive ce temps était surtout consacré à l'ultime préparation au baptême des catéchumènes, baptême qui était célébré durant la nuit de Pâques. Puis à partir du 4e siècle, il fut de plus en plus réservé à la pénitence et à la charité ; il devint alors un temps compris comme une occasion de renouvellement de la communauté croyante par la pratique du jeûne et de l'abstinence. Ce temps est également envisagé en lien avec la tentation de Jésus au désert.

Bien que la pratique pénitentielle du carême se soit assouplie en Occident, aujourd'hui encore cette période austère dans l'Église catholique est marquée par le respect d'un jeûne et d'autres renoncements ; ceux-ci sont vus dans la perspective d'une mortification qui serait elle-même destinée à "la réparation des péchés commis".

Même si la Réforme n'a pas mis en doute l'importance du carême pour la spiritualité, elle n'a pas imposé de pratique pénitencielle ; et les fêtes rattachées à cette période (carnaval, mardi gras et mercredi des cendres) perdirent peu à peu leur sens dans les régions plutôt protestantes. Quant au luthéranisme, il est demeuré attaché à certaines pratiques de pénitence (pas de viande le Vendredi saint ; et pendant longtemps interdiction de célébrer des mariages puisque ceux-ci étaient associés à de copieux repas ).

Si dans ce domaine le protestantisme est resté beaucoup moins directif que les autres confessions, c'est pour plusieurs raisons, dont la plus essentielle est d'ordre théologique :
Puisque le salut est donné par grâce, il n'est pas nécessaire d'accomplir des œuvres de repentance pour l'obtenir et le mériter. Avant toute œuvre humaine, il y a la grâce de Dieu et celle-ci ne peut être "achetée" par aucun acte religieux. D'autre part cette pratique n'a pas de fondement biblique : nulle part dans l'Évangile on ne trouve de recommandation particulière qui irait dans ce sens, aucune consigne spécifique n'a été laissée aux apôtres.

Parce que les êtres humains ont besoin de jalons et de repères temporels, de nos jours les Églises réformées marquent elles aussi ce temps de carême précédant Pâques, mais sans instaurer de règles institutionnelles et sans lui attribuer le moindre pouvoir salvateur. La pensée réformée pense que chacun-e est libre d'entrer dans ce temps de préparation à Pâques à sa manière, selon ses convictions et dans une démarche spirituelle personnelle qui peut s'enrichir grâce à la lecture de la Bible, à des réflexions, méditations, prières... Ce temps de réflexion peut aussi s'accompagner de certains renoncements très variables (par exemple plus de don et de partage) qui ne sont pas compris comme des moyens de s'acheter une bonne conscience devant Dieu, mais qui témoignent d'un désir de laisser plus de place à Dieu.

En 1928 le pasteur Boegner (paroisse de Passy-Annonciation) instaura des prédications enregistrées à la radiodiffusion, et depuis 1981 "Carême Protestant" est devenu une émission de radio sur France Culture, l'occasion surtout de faire entendre une prédication autour de l'Évangile.
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