
Conversion
"Ce mot conversion signifie que l'homme, au lieu de tourner le dos à Dieu, tourne sa face vers lui. " (Jean Calvin)
Le mot...
Conversion vient du latin
conversio qui désigne, à partir du sens premier de "transformation des choses", un changement mental chez la personne, un retournement.
Il correspond au grec
meta-noia, (
meta = après,
noia = penser), le verbe
métanoein signifiant littéralement " changer de compréhension, d'intelligence ".
Le terme grec
épistrophé est lui aussi parfois utilisé, il désigne en premier lieu l'acte physique de revenir sur ses pas. Puis il a servi à nommer un changement d'attitude pour évoluer ensuite vers l'idée de passer d'un système de pensée à un autre. Il correspond au terme hébreu
shub qui signifie faire demi-tour (revenir d'un exil géographique et aussi changer d'idée, d'attitude).
L'Évangile raconte que dès le début de son ministère, Jésus proclame la Bonne Nouvelle, annonçant que le Règne de Dieu est tout proche et incitant les gens à se convertir (Marc 1/14). Cet appel à la conversion ne concerne pas seulement les païens de l'époque, il s'adresse à nous tous qui avons besoin de nous convertir, de nous transformer. Il encourage tout homme et toute femme de tous les temps à décider de placer son espérance en Dieu. Contrairement à la façon dont ce terme est souvent connoté, la conversion se situe plus dans une démarche de liberté et de joie que dans un chemin de renoncement triste. Plutôt qu'une régression, c'est une progression, un chemin de vie.
Avant la venue de Jésus déjà, lorsque Jean Baptiste pratiquait le baptême de repentance il appelait les gens à se convertir, à se rendre compte qu'ils s'étaient trompés de chemin. Il les exhortait à se raviser, revenir en arrière, changer de comportement et recommencer à observer la loi.
Dans la bouche de Jésus la signification de l'interpellation se transforme quelque peu. Se convertir ne veut plus dire revenir en arrière, revenir à l'ancienne alliance et au respect de la loi. Cela signifie plutôt se libérer à l'égard de tous les conformismes, avancer, progresser, cheminer et entrer dans
le royaume, saisir joyeusement
le salut qui est offert aux êtres vivants à travers l'initiative libre et souveraine de Dieu.

Il ne s'agit plus de se convertir d'abord pour bénéficier ensuite du salut, car Dieu n'attend pas de l'humain un premier pas. Il y a d'abord la Bonne Nouvelle de la grâce, initiative généreuse de Dieu. Et la conversion, qui est en quelque sorte notre réponse d'humains. Jésus ne proclame pas le devoir mais le don et son "convertissez-vous" n'est pas une menace ou quelque chose qui nous imposerait d'avancer la tête basse. C'est une offre surprenante, une invitation à passer la porte ouverte de la foi. La conversion n'est pas de l'ordre du " faire ", elle débouche sur une nouvelle façon d'être et aussi sur une tout autre façon d'approcher les autres et de reconnaître qu'ils sont eux aussi filles et fils de Dieu.
Pour aller plus loin...
Alain Houziaux :
Jusqu'où peut-on changer sa vie ? Qu'est-ce que se convertir
La conversion comme séparation avec un passé, comme flash et révélation sur soi-même, et comme naissance nouvelle.