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Cave à Qûmrân
Esséniens

L'éthymologie du nom des esséniens demeure un mystère et de multiples origines ont été proposées. L'une d'entre elles relie ce nom au verbe hébreu asah (faire), tandis que d'autres le rattachent à des mots hébreux ou araméens qui signifient pieux ou médecin ou encore prophète (voyant).

Le courant religieux juif des esséniens qui curieusement n'est pas mentionné par les Évangiles, apparaît comme très complexe. Ses origines remontent aux années 130 av. J.C., au moment du règne de Jean Hyrcan. Les ruines de QumrânAlors que des politiques modernes sont adoptées, des juifs se regroupent pour s'opposer à de telles orientations qu'ils considèrent comme trop laxistes. Parmi eux, certains comme les pharisiens se recentrent sur la stricte observance de la loi tandis que d'autres, les esséniens, opteront pour une stratégie différente, se retirant dans le désert pour signifier ainsi qu'ils refusent tout compromis en ce qui concerne leur relation avec Dieu. Les esséniens ne forment donc pas un parti au même titre que les pharisiens, les sadducéens et les zélotes car leur regroupement s'apparente plutôt à une communauté monastique très fermée. Ils entretiennent avec les monarques hasmonéens (dynastie qui règne sur la Judée de 140 à 36 av. J.C.) des relations ambivalentes, ne reconnaissant pas leur légitimité en tant que grands prêtres, mais les soutenant dans leur opposition face à l'influence grecque et païenne des Séleucides (dynastie hellénistique). C'est probablement pourquoi les esséniens ne furent pas persécutés par les Hasmonéens ni par leurs successeurs, les Hérodiens.

On pense qu'ils vénéraient un Maître de Justice, et que ce Maître, sans doute leur fondateur, fut Onias III dernier grand prêtre légitime de la descendance de Sadoq et assassiné en 170. Les esséniens qui se déclaraient "fils de Sadoq", seraient donc d'une certaine manière d'origine sacerdotale ce qui explique leur fidélité indéfectible à la religion de leurs ancêtres juifs.

Le mouvement semble avoir disparu en 70 après la destruction de leur établissement par les Romains, et après la ruine de Jérusalem.

Vases découverts à Qumrân D'après les historiens, ils ne furent jamais très nombreux. Si pendant longtemps nous ne détenions que peu d'informations sur eux et sur leurs façons de vivre, depuis 1947 les fouilles archéologiques menées à Qumrân (petite localité située au nord-ouest de la mer Morte) offrent une source privilégiée d'informations. Les esséniens s'étaient en effet installés à cet endroit dans le désert de Juda et leur communauté utilisait les grottes de la région pour entreposer leurs écrits. C'est dans ces "bibliothèques" archaïques qu'on retrouva des textes manuscrits de presque tous les livres bibliques. Grâce à ces découvertes, nous savons que la vie de cette communauté s'organisait principalement autour du travail (agriculture), de la prière, de l'étude (tout spécialement celle des Écritures), de l'enseignement et de l'ascèse. Les biens collectifs étaient mis en commun et répartis selon les besoins de chaque membre. Leur nourriture était particulière, elle ne devait pas avoir subi de transformation (par cuisson par exemple) et se composait surtout de pain, de racines sauvages, et de fruits. Ils attendaient la venue du messie et se considéraient comme le petit troupeau des élus qui allaient former le noyau du royaume.

Des rapprochements ont pu être faits entre le christianisme et le mouvement essénien. S'il existe des analogies notables entre les deux mouvements (messianisme, pratique du baptême, renoncement aux biens matériels), on sait aussi que les esséniens se particularisaient par rapport à Jésus avec leur rigorisme, leur désir de pureté extérieure (on a pu les nommer "pharisiens au superlatif"), leur vie complètement retirée du monde et leurs conceptions cataclysmiques de fin de monde. D'ailleurs aucun des textes néotestamentaires, apocryphes ou historiques n'évoque les esséniens à propos de Jésus ou de l'Église primitive, même si certains commentateurs pensent que cette dernière fut fortement influencée par leur choix de vie.

Quelques caractéristiques de Jean Baptiste suggèrent qu'il appartenait à la communauté des esséniens. Jean Le Baptiste vivait de façon ascétique et pratiquait le rituel du baptême. On relève aussi qu'il a baptisé Jésus dans le Jourdain, dans un endroit situé à 7 km de la communauté essénienne de Qumrân. Cependant Jean innove par rapport aux pratiques esséniennes car il n'administre le baptême qu'une seule fois.
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