Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Lindegaard: Jonas à l ombre de la grâce
Grâce

Le mot...

En latin gratia, signifie la faveur, le bienfait.
En hébreu : hen, hesed.
En grec : charis.

Un brin d'histoire

Le premier grand débat chrétien autour de la question de la grâce remonte au cinquième siècle avec la controverse entre Pélage (l'homme coopère librement à son salut) et Augustin dont la pensée fut adoptée par tout l'occident (Dieu est souverain et totalement libre).
Puis l'Église évolue vers une position plus nuancée : la grâce de Dieu déclenche en l'homme quelque chose auquel il doit coopérer pour être sauvé. Au seizième siècle, l'essentiel du débat entre théologiens se limite donc aux conditions et aux proportions de la coopération entre Dieu et les humains pour leur salut. La peur de la mort et du jugement est alors très forte, l'homme de cette époque se préoccupe beaucoup de lui-même, de son bonheur, de son malheur. C'est dans ce contexte que les Réformateurs et en particulier Luther affirment que la grâce de Dieu est massive et que Dieu seul est souverain.

L'apôtre Paul, dans ses épîtres aux Galates et aux Romains, aborde largement et de façon passionnée ces questions du salut par les œuvres, par l'obéissance stricte à la loi ou par la grâce. Et la plupart des débats traversés par ce sujet se réfère à cette oeuvre paulinienne.

La grâce est souvent présentée comme une sorte de faveur de Dieu envers nous, un cadeau immérité, surprenant, excentrique, arbitraire aussi ou injuste puisqu'il échappe à la logique de la rétribution. Ce rapprochement de la grâce avec un cadeau n'est qu'une image humaine, limitée et bien imparfaite pour dire la grâce, car celle-ci n'est pas quelque chose que l'on peut isoler de Dieu, ce n'est pas un de ses attributs ni un effet de sa bonté. Ce n'est pas non plus un simple point de doctrine. Dieu, c'est Dieu qui agit précisément de manière gracieuse, c'est Dieu-dans-sa-grâce dira Schlumberger, c'est Dieu " en tant qu'il nous justifie ", c'est Dieu qui brise la condamnation, qui renoue la relation avec nous. Et cette relation est créatrice de liberté.

Vallotton: JobToute la prédication du Christ nous invite à changer nos cœurs, à accepter la grâce, et à en vivre. Dans l'histoire de la femme adultère (Jean 8/1-11), il rejoint cette femme et au lieu de lui faire la morale et de la condamner selon la loi comme le font les pharisiens, il lui manifeste gratuitement son amour, sans condition. Au lieu de lui dire "je t'aimerai si tu ne commets plus d'adultère", il lui dit "parce que t'aime, change de vie".
Dans la parabole de l'économe inique, (Luc 16/1-13) Jésus met en balance deux mondes : d'un côté celui de la loi où l'on règle rigoureusement des comptes, des dettes et des créances, celui où Dieu juge, punit ou récompense ; et de l'autre, le monde de l'Évangile, de la grâce prodigieuse, de la gratuité, où tout est croissance et où Dieu aime sans comptabiliser. Ce gérant met un pied dans le monde de la grâce. Il sait en faire profiter les autres et en remettant aux débiteurs une partie de leurs dettes, il devient témoin de l'Évangile.
C'est aussi à l'Église qu'il revient de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce.

Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. (Rom 6/14)
Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils (fille) ; et si tu es fils (fille), tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. (Ga 4/7)
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