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Codex d Alep

Massorètes

Le mot "massorètes" vient d'un terme hébreu masorah qui tire ses racines de l'Ancien testament et du verbe mâsar : transmettre, enseigner. Ba'alê ha-Masoret se traduit par "Seigneurs de la tradition".

Les massorètes étaient les érudits juifs qui du 6e au 10e siècle après JC, copièrent très fidèlement les textes hébraïques pour en assurer la transmission. Leur version du texte, appelée "texte massorétique", fit autorité au sein du judaïsme et elle est utilisée aujourd'hui dans la plupart des traductions de l'Ancien testament. Le terme de "massore" désigne à la fois l'activité spécifique de fixation du texte, et aussi le système des notes critiques et des indices graphiques qu'ils utilisèrent. Il y a la massore initiale entourant le premier mot d'un Livre, la massore interne qui est sur la marge latérale, la massore finale qui se trouve en fin d'ouvrage...

Mais déjà avant les massorètes, à l'époque du Second Temple, des scribes nommés soferim, furent les premiers agents de cette Massora. Pour avoir un texte écrit et unifié qui puisse être utilisé par l'ensemble des communautés juives, ces soferim avaient fixé le contenu des textes hébraïques et procédé au découpage du texte en sections de lecture et en versets.

Les massorètes s'attachèrent de façon très appliquée à fournir une version qui soit accessible à un plus grand nombre. En effet, l'hébreu n'étant plus la langue nationale, beaucoup de Juifs ne le pratiquaient plus. Or en hébreu écrit, on ne note que les consonnes et la lecture du texte demeure assez facile tant que la langue reste couramment parlée. Les difficultés ont donc commencé lorsque l'hébreu a été peu à peu remplacé par la langue araméenne. Des scribes avaient déjà inventé un système simple servant à indiquer les voyelles, mais il était insuffisant.

Les Massorètes inventèrent donc un système compliqué de signes diacritiques et d'indices graphiques destinés à indiquer dans les moindres détails l'accentuation correcte et la bonne vocalisation du texte hébreu pour qu'il soit bien récité (cantillation du texte biblique). Ils respectaient scrupuleusement la position de chaque lettre même celles qui de toute évidence n'étaient pas à une bonne place, car leur souci essentiel était que les textes soient préservés, lisibles et transmis le plus exactement possible. Ils placèrent aussi des notes marginales abrégées qui indiquaient les changements apportés par les copistes prémassorétiques et les possibles variantes orthographiques. Leurs priorités n'avaient rien à voir avec une possible interprétation des textes et d'ailleurs la nécessaire brièveté des notes marginales laissait bien peu de place au débat théologique. Pour éviter de se tromper, ils élaborèrent avec le plus grand soin des systèmes de vérification complexes, comptant le nombre de versets, de mots et de lettres. Par exemple pour saisir et corriger la moindre omission dans le manuscrit, ils ont repéré le mot et la lettre du milieu du Pentateuque, et ont réalisé ce même travail de repérage pour tous les livres qui composent le Pentateuque. Ils ont également marqué le nombre d'occurrences de chaque lettre de l'alphabet dans la totalité des Écritures hébraïques.

Il exista différentes écoles et chacune avait son propre système d'annotation et donc sa propre version du texte massorétique. Mais deux grandes traditions furent prônées : celle émanant de l'école de Babylonie dont les érudits créèrent leur propre système de vocalisation avec des signes placés au-dessus des consonnes, et qui disparut au 9e siècle ; et celle du centre galiléen qui utilisa un système de signes placés au-dessous des consonnes. C'est le système composé par ce dernier (les massorètes de Tibériade) qui fut prédominant, sauf pour le cycle de lecture de la Torah. L'une des familles massorétiques les plus connues fut la famille Ben Asher avec ses cinq générations de massorètes qui ont existé entre le 7e et le 10e siècle de notre ère. Le dernier héritier de cette famille de massorètes regroupa le résultat des études dans un livre référence (Dikdouké hateamim) où étaient fixées les règles grammaticales de l'hébreu.

Les plus anciens manuscrits connus contenant des extraits du texte massorétique datent sans doute du 9e siècle. La toute première copie complète du texte massorétique dans un manuscrit est probablement le Code d'Alep, qui date du 10e siècle.

On pense habituellement que le texte massorétique est une reproduction exacte du texte originel, comme une réplique fidèle. Mais il comporte des différences parfois importantes avec d'autres versions anciennes des textes bibliques, comme la Bible Samaritaine (version du Pentateuque en usage chez les Samaritains), la Septante ou les Manuscrits de Qumram. Ces versions ont entre elles des similitudes à des endroits où elles s'écartent de la version massorétique, ce qui a conduit les spécialistes à envisager que la version massorétique est une variante parmi d'autres qui avait été érigée comme norme.
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