Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz


Pharisiens

Le mot...

Le mot pharisien vient du grec pharisaioi qui reproduit la forme araméenne perishayya, elle-même dérivée de l'hébreu pérushim qui signifie "séparés".
Cette dénomination vient sans doute rappeler que les pharisiens s'étaient séparés de Judas Maccabée et des assidéens, et que leur pratique si tatillonne de la loi les isolait des autres. Elle traduit leur refus de toute compromission politique et de tout laisser-aller dans la pratique religieuse.

Avec les sadducéens et les zélotes, les pharisiens constituaient l'un trois principaux mouvements religieux du judaïsme du deuxième. Le pharisaïsme désignait leur courant de pensée.

Un peu d'histoire...

L'Ancien testament ne mentionne pas ce groupe, et l'historien juif du premier siècle Flavius Josèphe l'évoque pour la première fois vers 150 avant J.C. Aux origines assez incertaines, le pharisaïsme se serait lentement développé parmi les générations de scribes et de Sages impliqués dans les travaux du sanhédrin. Le regroupement des pharisiens en parti organisé date probablement du milieu du deuxième siècle avant J.C. lorsqu'ils participèrent à la révolte des Macchabées (débutée en 165 av J.-C.) qui mena la résistance contre la politique d'hellénisation forcée des Séleucides. Il s'agissait pour eux de se défendre contre une influence étrangère qui menaçait la religion sacrée de leurs pères. À l'origine ce sont donc des juifs pieux (hassidim) qui reçurent le nom de pharisiens.

Sous la domination des Hasmonéens (140 à 36 av. J.C.), les pharisiens en concurrence avec les saducéens pour diriger le peuple juif, semblaient posséder une forte assise populaire. En majorité issus des milieux artisan, commerçant, ou du petit clergé, ils étaient appréciés du petit peuple (sans doute à cause de leur piété extérieure) qui adhérait volontiers à leurs doctrines. Sous le règne de la reine Salomé-Alexandra (76-67 av. J.-C.) le parti prit encore plus d'ampleur et au temps d'Hérode Le Grand il représentait l'élite spirituelle du peuple juif.
Après la destruction du Temple de Jérusalem en 70 par les Romains et la dispersion des Juifs, seuls subsisteront les pharisiens qui devinrent le courant dominant du judaïsme.

Considérés comme les plus pieux et les plus stricts, les pharisiens passent, selon Flavius Josèphe, "pour l'emporter sur les autres Juifs par la piété et par une interprétation plus exacte de la loi". Face à l'influence croissante de l'hellénisme, ils s'attachèrent en effet plus nettement à la pureté de la doctrine de la loi, prétendant pouvoir l'accomplir d'une manière méticuleuse et en totalité, en développant son application rigoureuse aux situations quotidiennes.

Contrairement aux saducéens, les pharisiens admettaient à côté du texte de la Torah, l'autorité d'une tradition orale (la Torah chebealpe) reçue, transmise et approfondie par les savants, et qui pouvait venir compléter, infléchir, tempérer, faire évoluer la loi écrite contenue dans le Pentateuque.
Cette conception de la loi orale fut un grand sujet de discorde avec les sadducéens et favorisa le développement de la synagogue comme lieu où on enseignait et interprétait la Torah. Le pharisaïsme est aussi à l'origine du rabbinisme : les rabbins n'étaient pas des prêtres mais des spécialistes de la loi religieuse, notamment de la "loi orale" et de ses commandements non inclus dans la Torah écrite.

Pour ce qui est de leurs croyances, les pharisiens reconnaissaient la survie de l'âme et la résurrection des morts, le jugement dernier (rétribution), l'existence des anges (intermédiaires entre Dieu et les hommes) et celle des esprits. Ils insistaient tout particulièrement sur l'observance stricte de la circoncision et du sabbat et sur les différentes purifications rituelles, et ce respect sourcilleux de la loi associé à leur souci obstiné de se protéger de toute impureté, les amenait à se séparer des autres pour des raisons rituelles. Spécialistes de la loi, ils exerçaient une grande influence sur les gens mais malheureusement, en multipliant les obligations d'une façon si scrupuleuse, ils commettaient des excès et tombaient dans le légalisme. En effet, par souci d'un respect minutieux de la loi, ils rejetaient avec mépris les ignorants et les pécheurs au nom de leur propre justice, créant des séparations et des exclusions, allant même jusqu'à empêcher les gens de fréquenter les pécheurs. Ils limitaient ainsi la miséricorde et la grâce de Dieu et la mettaient hors de portée des petites gens. (Prédication : C'est l'amour qui me plaît et non les règles qui excluent)

Ceci explique les conflits qui opposèrent Jésus et les pharisiens. Parmi eux, nombreux étaient ceux qui assimilaient Jésus à un imposteur car à leurs yeux il transgressait la loi en violant le sabbat, (Mt 12/1, Lc 13/14), il appelait indûment Dieu son propre Père et pardonnait "illégalement" les péchés des impurs sans toujours passer par les rituels officiels (Mt 9/2).
Prônant une ouverture et une liberté vis-à-vis de la loi diamétralement opposée au pharisaïsme, Jésus les a souvent critiqués (Mt 23), mettant en lumière leurs hypocrisies et les traitant durement d'engeance de vipères, (Mt 3/7) ou de sépulcres blanchis (Mt 23/27) parce qu'ils imposaient de lourds fardeaux aux autres et rendaient même la loi impraticable au commun des mortels. Jésus leur reprochait de vouloir être juste par leur propre vertu devant Dieu, et de prétendre atteindre la perfection par leurs propres efforts sans faire confiance en la pure grâce. Les sévères paroles de Jésus les ont aussi blâmés chaque fois qu'ils considéraient avoir des droits sur Dieu au nom de leurs pratiques. (Mt 20/1-16 ; Prédication : quand une brebis s'égare)
Mais certains pharisiens (comme Nicodème) lui manifestèrent de la sympathie en l'invitant à leur table (Lc 7/36) et en prenant sa défense (Lc 13/31). Jésus lui-même admirait le zèle et le souci de perfection de tels hommes.

Si l'Évangile a donné d'eux une image négative pétrie de perfidie et d'hypocrisie, il ne faut pas oublier que le pharisaïsme fut un mouvement spirituel tout à fait respectable. Les pharisiens cherchaient avant tout la justice, ils voulaient véritablement et sincèrement aimer Dieu et mener une vie devant Lui qui soit droite et irréprochable. Ils attendaient que la société d'alors se transforme vraiment et ils espéraient que Jésus lui-même soit à l'origine de ces profonds changements.
Tous les mouvements religieux de tous les temps ne sont-ils pas capables de tels excès et de tels
abus ?
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