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Hagondange - Maizières-lès-Metz


Prédestination et double prédestination

C'est une doctrine que Calvin a développée et radicalisée en 1536.
Dans L'institution de la religion chrétienne, il écrit : "Nous appelons prédestination, le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu'il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l'éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l'homme, nous disons qu'il est prédestiné à la mort ou à la vie."

Dieu aurait donc souverainement et secrètement décidé qui parmi les humains sera sauvé et qui ne le sera pas (double prédestination).

Cette doctrine a été ardemment discutée et remise en cause du vivant même de Calvin.
Mais à l'époque, elle a eu le mérite de mettre en évidence le caractère absolu de la grâce divine (par opposition au salut par les œuvres) et a souligné avec force que la liberté de Dieu demeure insondable, puisque personne ne peut savoir qui Dieu a rejeté ou sauvé. L'idée de la prédestination a ainsi libéré les gens de la lancinante question du salut. Cette doctrine a également utilement combattu le Destin des stoïciens, système de pensée dans lequel les hommes ne pouvaient qu'être livrés à un destin aveugle. Elle a aussi introduit un certain bouleversement dans l'ordre figé de la société de l'époque, car d'après cette doctrine, la hiérarchie selon les classes sociales n'était plus opérante pour le salut. Au contraire, la notion de prédestination entraînait une partition religieuse totalement différente de celle déterminée par la hiérarchie sociale d'alors.

Le protestantisme contemporain ne reconnaît plus comme sienne cette doctrine jugée trop radicale car elle dénature la grâce en déterminisme et transforme Dieu en fatalité. En le concevant comme un Dieu souverainement arbitraire, elle le fige dans une image qui est contraire au Dieu d'amour de Jésus Christ. Elle enferme aussi l'homme dans une logique implacable et dans une vie sans liberté.

Mais peut-être pourrait-on recevoir cette doctrine dans une perspective nouvelle, la même d'ailleurs que celle qui traverse l'idée de jugement divin : la séparation entre sauvé/perdu ne passerait pas entre les individus, mais entre la part de bien à sauver et la part de mal à détruire que chacun d'entre nous recèle.

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