Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Duccio : la dernière cène
Sacrement

Le mot...

Le mot vient du latin sacramentum, formé à partir de la racine sacr-, sacré, tabou. Sacramentum traduit lui-même le terme grec mystèrion qui correspondait aux cultes à mystères pratiqués depuis le septième siècle avant J.C. en Orient ancien et en Grèce (culte de Mithra, par exemple). À l'origine il s'agissait d'un dépôt fait au prêtre d'un dieu comme garantie de bonne foi, accompagné d'un serment solennel. L'origine du mot est donc clairement païenne ; d'après les spécialistes, ni le mot, ni son sens ne figurent dans le Nouveau testament, on ne le connaîtra pas avant le bas Moyen Âge.

Dans le protestantisme réformé le sacrement est compris comme le signe de la grâce divine associé à la parole. Il atteste la présence de Dieu.

Un peu d'histoire...

Les Réformateurs se sont fermement opposés à toute conception magique du sacrement et ils ont fortement combattu l'idée que son efficacité résidât dans le seul fait de l'administrer, comme c'est le cas dans le catholicisme. Au seizième siècle, (concile de Trente) le christianisme retient sept sacrements. Le protestantisme, quant à lui très attentif à l'enracinement biblique, considère que seuls ne doivent être retenus les sacrements qui se relient aux signes accomplis par Jésus dans l'Évangile, et que Jésus nous a demandé de perpétuer. Les Réformateurs pensaient aussi que le geste lié au sacrement devait renfermer une notion d'universalisme (il doit concerner tout le monde) afin qu'il puisse signifier adéquatement que la grâce de Dieu est offerte à tous. C'est pourquoi ils n'ont retenu que deux sacrements : le baptême (Mt 3/13-17 ; Mc 1/9-11) et la sainte Cène (Mc 14/12-31 ; Lc 22/7-23).

Dans le protestantisme, on pratique la confirmation, on appelle la bénédiction de Dieu sur un mariage, on peut aussi accompagner spirituellement les mourants, seulement aucune cérémonie sacramentelle n'est associée à ces circonstances.

Quelques désaccords ont bruyamment divisé les premiers Réformateurs quant au sacrement.

Des gens qui sont là

Les sacrements sont reliés avec ce que nous sommes, avec celles et ceux dont nous sommes solidaires, ils se célèbrent au cœur d'une communauté plus ou moins occasionnelle et rassemblée. Ainsi au moment de la Réforme, les fonts baptismaux ont été déplacés de l'entrée des églises jusqu'au centre de l'espace occupé par les fidèles, ou alors supprimés et remplacés par une aiguière qui permettait elle aussi une célébration située au centre de cet espace, au vu et au su de toutes les personnes participant au culte. Les Réformateurs entendaient marquer de la sorte que le sacrement du baptême est un acte d'attestation qui engage toute la communauté chrétienne.

Un signe et rien qu'un signe

Le sacrement se contente de signaler une présence qui existe avant lui, il renvoie à la grâce qui agit indépendamment de lui. Dieu n'attend pas le sacrement pour accorder sa grâce, il l'accorde de toute façon et bénit la vie de ses enfants. L'eau du baptême, le pain et le vin de la Cène ne rendent pas le Christ matériellement présent, ils expriment sa présence sans l'opérer ou la susciter. C'est la foi qui met en communion avec Dieu et nous donne l'assurance de sa présence.
Les sacrements sont donc importants, nous avons besoin de rites dans nos vies, mais bon nombre de Réformés soulignent qu'ils ne restent que des signes, et que l'essentiel réside dans la réalité qui y est signifiée. Si le signe prend de l'importance pour lui même, si on pense de façon un peu fétichiste que tout se tient dans le pain le vin et l'eau en oubliant que le sacrement est au service d'une réalité qui le dépasse, on court le risque de le transformer en un rite plus ou moins magique. Il perdrait alors sa valeur de signe.

Si le sacrement donne quelque chose à voir, il donne surtout à entendre Dans la pratique des sacrements au Moyen-Âge, la piété populaire en était souvent venue à ne regarder avec attention que la gestuelle qui accompagnait et concrétisait l'administration du sacrement (par exemple valorisation excessive du moment de l'élévation). Les Réformateurs ont insisté sur la nécessité de toujours accompagner de paroles l'aspersion d'eau ou la distribution du pain et du vin, paroles sans lesquelles les gestes qui se voient, ne feraient plus sens. C'est pourquoi une des caractéristiques des premières liturgies réformées pour la célébration du baptême ou de la cène, ce sont les explications et les exhortations très claires, en langue accessible à tous, prononcées par les pasteurs.

Dans le protestantisme considéré comme religion de la parole, le sacrement correspond à une parole visible qui prend chair. Il n'est donc pas juste sur un plan théologique d'opposer l'intellectuelle prédication au sacrement matériel, comme si l'une s'adressait à l'esprit et l'autre, au corps. La prédication et les sacrements expriment tous deux la même parole, ils nourrissent notre foi dans tout son être et durant toute notre histoire.
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