Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Salut

Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l'amour. (Ep 1/4)
Le croyant n'a pas à se soucier du salut, Dieu a fait le nécessaire. Martin Bucer

Le mot...

Le mot vient d'une racine indo-européenne, Sal ou Sol signifiant entier, massif.
En latin, cette racine a donnée salutem. À l'origine, ce mot salut (salu) était du genre féminin, conformément à l'étymologie et à l'analogie des autres dérivés des substantifs latins en tus, tutis ; ce mot est d'abord devenu masculin pour l'action de saluer, puis le féminin s'est effacé complètement.

Le salut désigne avant tout une opération divine par laquelle l'homme, libéré de son péché, accède à une vie nouvelle comblée par la grâce de Dieu, et due à une opération voulue par Dieu et rendue manifeste en Jésus-Christ. Dieu est un Dieu qui sauve : il annule ce qui le sépare de l'homme. En Christ, il assume notre condition et, comblant le fossé creusé par nos péchés entre lui et nous, nous donne accès à la vie. Gabriel Vahanian

Le salut n'est pas un concept scientifique qui relève de l'ordre de la connaissance, c'est une notion assez complexe renfermant plusieurs aspects.
  • Le salut, c'est être délivré concrètement d'un mal : la maladie, l'esclavage, le péché, l'erreur.
    "Car c'est le Seigneur votre Dieu qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis, pour venir à votre secours" (Dt 20/4). Et c'est aussi bénéficier d'un bien et d'une grâce, la santé, le bonheur, la paix, la vie éternelle.
  • Il peut survenir dans cette vie-là, "Voici maintenant le temps du salut" dit Paul en 2 Co 6/2, il peut aussi être une promesse qui ne se réalisera qu'après la mort ou même à la fin des temps. " C'est en espérance que nous sommes sauvés. " (Rm 8/24). Il est donc en même temps inauguré et futur.
  • Le salut peut être individuel et personnel, (" Rends-moi la joie d'être sauvé, et que l'esprit généreux me soutienne! " Ps 51/14), il est aussi une délivrance collective et nationale lorsqu'il concerne un peuple en entier. Ainsi, pour le peuple d'Israël, le salut c'était le fait de revenir d'exil et de regagner la terre promise.
  • Il peut être entendu sur un plan uniquement spirituel (trouver le nirvana par exemple), il peut aussi correspondre à des aspirations politiques (Pour Israël, restauration de la monarchie davidique).
  • On peut croire que le salut ne concerne que les seuls élus (ceux qui appartiennent au peuple d'Israël, ou ceux qui se convertissent), on peut aussi annoncer qu'il a une portée universelle.

Comment la notion s'est-elle peu à peu construite ?

On la trouve déjà dans l'animisme des premiers âges de l'humanité, elle traverse tout le judaïsme et s'exprime fondamentalement dans le christianisme. La notion de salut est donc apparue indépendamment de la croyance en Dieu.

Dans les croyances animistes, le salut, c'est l'eau (le Nil) les fruits des champs, la médecine qui guérit. Accueilli comme une grâce offerte, on ne considère pas qu'il soit obtenu par les efforts de l'homme.
Puis très rapidement dans la mythologie, le salut est porté par un sauveur qui a souvent figure humaine, et qui est considéré comme le père ou la mère du grain (Demeter), de l'arbre (Dionysos), de la végétation (Osiris)... Et ce " sauveur " dont la naissance est généralement miraculeuse est le plus souvent un fils du dieu plutôt que le dieu lui-même. Sa mort est fréquemment considérée comme un acte de salut, il est parfois relevé de la mort comme le fut Osiris. Ce " fils de dieu " peut aussi sauver les hommes de la colère du dieu, apportant l'espérance aux vivants et aussi la consolation aux morts (Héraclès triomphe de la mort). Vengeur des humiliés, il apporte la guérison aux malades (Apollon), accomplit des miracles (Dionysos), lutte contre des monstres...

Dans l'ancien Israël, initialement l'idée de salut n'est pas de nature religieuse, elle a d'abord un sens tout à fait concret : le sauveur, c'est l'homme qui libère, qui rachète un autre homme. C'est celui qui rachète un esclave à son maître et qui lui donne sa liberté. C'est le proche parent d'un défunt qui épouse sa veuve sans enfant, sauvant ainsi l'honneur du défunt si un enfant naît de cette union ; il est son rédempteur (son go'el en hébreu), il s'acquitte de la dette vis-à-vis du Créateur, puisqu'en engendrant il rachète le fait qu'il a lui-même reçu la vie. Le sauveur, c'est aussi celui qui remet sa dette à son débiteur.

Et c'est sur ce modèle que l'idée du rôle du messie s'est développée et imposée dans le judaïsme, puis dans le christianisme. Considéré lui aussi comme le fils de Dieu, le messie (le Christ) fait justice aux petits et aux humbles. Par le don de sa vie il solde la dette des hommes, il expie leurs fautes (les dettes) vis-à-vis de Dieu et nous réconcilie avec Dieu.

Le christianisme a une singularité :

  • Le salut n'est pas une réalité à laquelle on peut parvenir et dont on peut faire l'expérience, les Écritures comportent très peu de descriptions du salut acquis. Il n'est pas une sorte de promotion à laquelle nous accéderions par une vie plus hautement spirituelle.
  • Il est d'abord et avant tout une proclamation adressée à toutes et à tous, à laquelle il faut croire sur parole. En fait, il est déjà présent par le simple fait qu'il est annoncé et proclamé. C'est là la Bonne Nouvelle offerte à tous les peuples de la terre : nous sommes sauvés par grâce, il n'y a pas de contrepartie exigée.
  • La délivrance est totale et définitive : même si objectivement, nous sommes impardonnables, nous sommes pardonnés et libérés de toute culpabilité. Même si objectivement notre vie n'a pas de sens, elle reçoit une justification et une raison d'être, nous sommes libérés des faux dieux et des idoles en tout genre. Jésus Christ occupe une place tout à fait décisive dans ce salut offert.
"Le salut est acquis, irréversible, rien ni personne ne nous l'enlèvera. Il n'obnubile donc pas le chrétien. Un autre problème le préoccupe et le mobilise, à savoir que la volonté de Dieu se fasse dans le monde. Jésus est le sauveur, c'est fait ; il faut maintenant qu'il devienne le seigneur, c'est-à-dire celui qu'on écoute et qu'on suit. Que le Royaume gagne du terrain en nous, dans l'humanité et sur la terre, voilà ce sur quoi nous devons concentrer notre attention et nos efforts. " André Gounelle
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