Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz


Sanhédrin

En araméen sanhedrin et en grec sunedrion. Le terme signifiait "assemblée des gens assis".
Le Sanhédrin désignait l'assemblée législative du peuple d'Israël où étaient traitées les affaires politiques, religieuses et civiles du peuple juif.

Un peu d'histoire...

Certains font remonter les toutes premières origines du Sanhédrin à l'époque de Moïse, lorsqu'il est monté au Sinaï pour recevoir la loi : entouré d'Aaron, des deux fils de celui-ci et de soixante-dix anciens, il leur imposa plus tard les mains afin qu'ils reçoivent l'Esprit saint et légifèrent à ses côtés (Ex 24 et Nb 11/16). Mais il y a sûrement bien peu de choses en commun entre ces hommes désignés comme représentants du peuple, et le Sanhédrin. De toute façon ce conseil eut une durée de vie limitée et disparut probablement dès l'entrée du peuple dans la terre promise.

Puis nous retrouverions les premières traces d'un Sanhédrin après l'Exil (la Judée est sous alors protectorat) lorsque Esdras forma "la grande synagogue", un groupe de scribes qui subsistera jusqu'en 300 av. J.C. ; mais ce groupe n'exerce alors qu'une autorité limitée, son rôle est presque exclusivement religieux et ne concerne que les affaires intérieures. Là encore il n'est pas certain que les anciens dont parlent les Écritures étaient organisés en Conseil.

L'existence d'un sénat présidé par un grand prêtre n'est attestée par l'historien juif Josèphe qu'à partir du deuxième siècle, à l'époque maccabéenne et plus probablement entre l'an 170 et l'an 106 avant notre ère. Sous les Séleucides (les Grecs) ses pouvoirs sont minimes et deviendront bien plus étendus durant tout le règne des Hasmonéens et surtout sous l'autorité du roi Hyrcan (130 av. J.C.) qui en fit une sorte de représentation nationale. Lorsque les Romains s'emparent de la Palestine (63 av. J.C) ils laissent subsister le Sanhédrin, le transfèrent dans plusieurs villes et en restreignent les pouvoirs (notamment son pouvoir judiciaire). Le Sanhédrin se concentrera alors sur la codification de la loi juive.
Après la destruction de Jérusalem par les Romains (en 70 de notre ère) il est transféré momentanément à Yavné et correspond à la seule autorité juive tolérée par Rome. Le nassi (son dirigeant) est le représentant des Juifs de l'Empire.

Théodore II voulant favoriser la christianisation du pays abolira d'abord cette fonction de nassi en 429, puis le Sanhédrin disparaîtra complètement pour céder la place aux organes de l'administration provinciale romaine.

Napoléon 1er a donné (pour un mois) le nom de Sanhédrin à une assemblée rabbinique convoquée à Paris en 1807 pour favoriser l'assimilation des Juifs de France. Puis il a remplacé cette assemblée par le Consistoire israélite de France.

Le Sanhédrin s'appuyait sur deux institutions liées à la vie religieuse du peuple : le temple et la synagogue. Siégeant à Jérusalem sous la présidence du nassi il était composé de notables pharisiens et sadducéens (avec une majorité plutôt saducéenne), spécialistes en loi juive et probablement nommés par cooptation. Il comptait soixante et onze membres (nombre attesté par tous les historiens juifs et rappelant les 70 anciens de Moïse + le nassi) qui se réunissaient dans une salle spéciale, à l'est de la place appelée Xyste, probablement sur la colline du Temple.

Le Nouveau testament distingue dans cette assemblée 3 groupes :
  • les grands prêtres : très souvent des sadducéens, nommés d'abord à vie (Hérode le Grand mettra fin à cette tradition) et consacrés par l'onction sacerdotale.
  • les anciens : des notables laïcs, gros propriétaires terriens et souvent pharisiens.
  • les scribes : experts légistes ou théologiens des deux partis, choisis indistinctement parmi les lévites ou les laïques.
L'Évangile, en maints endroits laisse supposer que le groupe des prêtres l'emportait par le nombre et par l'influence sur celui des scribes et des anciens. Il parle des grands prêtres au pluriel, pourtant un seul siégeait. On peut donc supposer que le grand prêtre, une fois déposé et remplacé, gardait son titre de même que certains de ses privilèges.

Les attributions de cette assemblée vraiment souveraine étaient fort larges. Sur le plan politique, elle représentait la communauté juive vis-à-vis des Romains et des Grecs. Sur le plan législatif, elle votait des lois, exerçait la justice et possédait des pouvoirs judiciaires. Selon son pouvoir religieux reconnu également par les Juifs de la Diaspora, elle déchiffrait, interprétait et tranchait la loi à partir de ses sources écrites et orales. Ce travail de codification a abouti à l'écriture de la Mishna. Son jugement était invoqué pour une affaire qui concernait toute une tribu ou un faux prophète, quand il s'agissait de savoir si l'on devait faire la guerre, s'il convenait d'agrandir Jérusalem et ses faubourgs, s'il fallait décréter qu'une ville était impie et la placer sous l'interdit... Elle était aussi chargée de certains détails importants à l'époque, s'occupant des mariages dans les familles sacerdotales, gardant dans ses archives les tables généalogiques des principales familles juives, établissant le calendrier et les néoménies (fêtes)...

Le petit Sanhédrin

Le Sanhédrin de Jérusalem ne pouvant juger en toutes choses, chaque ville palestinienne avait un petit Sanhédrin local formé de sept membres au moins (23 pour les villes importantes). Dans cette assemblée, la totalité des juges ne siégeait pas pour toutes les affaires, leur nombre variait selon la gravité de l'affaire à juger ou selon la difficulté à émettre un verdict. Lorsque ces petits tribunaux communaux fonctionnaient régulièrement, ils se tenaient à la porte des villes parce qu'en Orient, la porte a toujours été la place publique, le rendez-vous commun des habitants.

À l'époque de Jésus et des apôtres, le Sanhédrin est la plus haute autorité juridique et administrative et nombreux sont les passages du Nouveau testament qui y font référence. C'est devant lui et devant le grand prêtre Kaïaphas que Jésus, accusé de blasphème parce qu'il se dit Fils de Dieu, comparaît après son arrestation et avant d'être jugé par les Romains. Pierre et Jean (accusés d'être de faux prophètes), Étienne (accusé de blasphème contre Dieu) et Paul (accusé de détruire la loi) passeront eux aussi devant les membres de cette assemblée.
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