Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Calligraphie hébraïqueFranck Lalou


Scribes

Le mot...

Le mot hébreu est sôfer, participe présent du verbe sâfar qui signifie "compter". En effet les premiers scribes comptaient chacune des lettres de la Torah pour en établir très exactement le texte authentique. Dans ses formes dérivées, le terme signifie aussi "raconter", "faire connaître". Le mot grec utilisé pour scribe dans la Septante (version grecque de la bible hébraïque) est grammateus, de gramma, "lettre". (2 Maccabées 6/18)

Un Sofer Depuis toujours, la Torah est écrite à la main et encore aujourd'hui, un sofer est un expert en calligraphie hébraïque qui suit des règles d'écriture traditionnelle très précises, aussi bien dans la forme des lettres que dans les outils et les supports d'écriture. Parce qu'ils sont porteurs de sainteté, les documents doivent nécessairement être écrits par un sofer dans les règles de l'art.
La technique de l'écriture fut dès son invention le fait de spécialistes dont la fonction était d'autant plus distinguée que l'écriture s'imposait dans les sphères élevées du pouvoir politique ou religieux. Très peu de gens lisaient et écrivaient à l'époque et une formation longue et rigoureuse était nécessaire pour pouvoir maîtriser ce savoir-faire.

Au moment de l'Exil, les Juifs de Babylonie connurent une époque dramatique car ils étaient privés de liturgie et avaient besoin de remettre en forme les traditions sur lesquelles ils fondaient leur identité. C'est pourquoi les scribes, successeurs des prophètes, sont devenus des personnages très importants, des spécialistes de l'étude et de l'interprétation de la loi. Le premier sofer fut Esdras, éminent prêtre-scribe qui exhorta passionnément son peuple à renouer avec la loi et à modifier ses comportements (livre de Néhémie). Depuis son époque les scribes ont cessé de compter les lettres, continuant à recopier les textes sacrés sur des parchemins propres à l'usage liturgique. Au retour d'exil, les scribes devinrent donc en Israël les maîtres de l'écriture et les gardiens des Écritures (de la Torah).

Leur situation se modifia au troisième siècle av. J.C. sous la domination des rois Lagides d'Égypte. De sérieuses réformes administratives s'opérèrent à cette époque, qui aboutirent à une demande accrue de scribes à Jérusalem et jusque dans les villages. Le sofer était alors considéré comme un homme de sagesse (en hébreu hôhmâh), libéré des affaires, qui dévoilait le savoir qu'il avait reçu.

Dans le judaïsme du début de l'ère chrétienne, ces spécialistes du texte sacré occupaient des postes de conseillers des tribunaux, de juges, d'enseignants. Ils étaient hautement considérés et on prit l'habitude de les appeler rabbi, mon maître. L'expression " les scribes et les pharisiens " qu'on trouve couramment dans le Nouveau testament (Mt 23/2, Mc 2/16, Lc 11/53, Jn 8/3) désigne les savants de l'un ou l'autre mouvement, et ceux qui, sans être " maîtres " suivaient la morale pharisienne. En effet, chacun des deux mouvements représentés par les sadducéens et les pharisiens avait ses scribes (Mt 26/57; Mc 2/16; 14/53. Mais seule la tradition des scribes pharisiens sera conservée.

Les recherches et les connaissances actuelles pousseraient à abandonner l'image d'une organisation structurée de scribes qui aurait formé un groupe religieux homogène, doté d'une doctrine unifiée et d'une véritable force d'opposition. Néanmoins, ces maîtres patentés de la Torah dont les compétences étaient basées sur un savoir livresque, regardaient Jésus avec mépris et remettaient en cause son autorité lorsqu'il prétendait enseigner avec autorité, lui qui n'avait pas étudié de la même manière qu'eux. (Mc 11/27-28)
Retour vers Lexico-théo
Copyright © 2007 v.2 - Paroisse Réformée - B.P. 90071 - 57304 HAGONDANGE CEDEX
Téléphone: 03 87 71 41 56 - e-mail: eral.hagondange@wanadoo.fr