Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Fragment de la Septante
Septante


du latin septuaginta, soixante-dix.

C'est la plus ancienne de toutes les versions grecques de la Bible hébraïque (initialement, traduction des cinq rouleaux de la Torah ou Pentateuque, puis ultérieurement rajout d'autres textes), et donc la toute première entreprise de traduction des textes hébraïques dans une langue différente de la langue sémitique. Adoptée par les premières Églises chrétiennes, elle reçut le nom d'Ancien testament. Pour les premiers chrétiens venus de nations ignorant l'hébreu, la Septante était le seul texte biblique connu. Au 2e siècle lorsque le peuple juif fut dispersé sous le règne de Hadrien, elle ne fut plus utilisée que par les chrétiens car elle paraissait trop christianisante au regard de la lecture juive.
En Occident, elle fut éclipsée plus tard par la Vulgate, version latine entreprise par Jérôme. La Septante est encore aujourd'hui la Bible des Églises orthodoxes de liturgie grecque.

Selon la légende rapportée par la lettre d'Aristée adressée à son frère Philostrate au 2e siècle av. JC, elle aurait été composée à Alexandrie suite à l'impulsion du bibliothécaire d'Alexandrie et sur ordre du roi Ptolémée Philadelphe II (283-246 av. JC). Elle aurait été rédigée par soixante-douze savants juifs venus de Jérusalem (à raison de six pour chacune des douze tribus d'Israël) qui la composèrent en soixante-douze jours. Lorsqu'il rapporte cette histoire, l'historien Flavius Josèphe ramène à soixante-dix traducteurs, d'où le nom de septante indiqué par le sigle LXX. Certains, férus de chiffres symboliques, pensent que ce chiffre de soixante-dix se rapporterait plutôt aux soixante-dix Anciens choisis par Moïse. La légende raconte que dans un premier temps les savants travaillèrent individuellement sur l'île de Pharos et que lorsque l'on compara leurs travaux, on s'aperçut que leurs traductions étaient rigoureusement identiques ; ceci accrédita l'idée d'inspiration divine et garantit l'autorité du texte.

Contexte historique de sa naissance :
Après la fondation d'Alexandrie vers 332 av. JC, une population juive s'y établit et proliféra rapidement. Soumise à un bain de culture hellénique, elle adopta la langue grecque "populaire" qui supplantait donc l'hébreu et l'araméen. C'est pour répondre à un besoin liturgique (lectures en assemblées) et éducatif, et à un souci de prosélytisme que les juifs d'Alexandrie, dès la moitié du 3e siècle av. JC, initièrent la traduction en grec de la loi écrite en hébreu.

En réalité le travail de traduction et de rédaction fut bien plus long et bien plus complexe que ne le raconte la légende. Il s'est poursuivi jusqu'au premier siècle après JC avec l'ajout d'autres livres hébreux dont la traduction fut réalisée peu à peu par les communautés juives d'Égypte, et aussi par celles originaires d'autres régions du Moyen Orient. Par rapport au texte hébraïque, la Septante comporte des livres supplémentaires (Judith, Tobie, 1 et 2 Maccabées, Siracide, Sagesse, Baruch, des additions au livre d'Esther et à celui de Daniel, 3 Esdras, la Prière de Manassé et la Lettre de Jérémie...). Le texte grec a apporté d'autres nouveautés, notamment au niveau du sens des mots transcrits (par exemple Torah qui signifie "instruction, enseignement" est traduit par nomos, "loi", ce qui correspond à une lecture plus légaliste.) et au niveau du nom attribué aux livres du Pentateuque (par exemple Bereshit qui signifie "au commencement" est devenu "Genèse" ; l'hébreu donne comme titre les premiers mots du livre alors que le grec attribue le titre d'après le contenu).

Ce texte grec de la Septante joua un rôle déterminant et eut une importance cruciale pour les Juifs de la diaspora ne parlant plus l'hébreu. Première rencontre du judaïsme et de l'hellénisme, il contribua à l'hellénisation du monothéisme juif et représenta une ouverture inédite. La presque totalité de l'Église la considéra comme son Ancien testament. Et ce fut aussi dans ce texte que les auteurs du Nouveau testament puisèrent l'essentiel de leurs concepts.

À notre époque il se développe un regain d'intérêt pour cette toute première traduction de la Bible hébraïque, et diverses questions sont encore débattues à son propos, des questions d'ordre historique, textuel, linguistique, littéraire, exégétique... Cette traduction en grec d'un modèle hébreu appréhendé dans la piété juive hellénistique se trouve en effet au carrefour de trois réalités au sujet desquelles on cherche encore comment elles s'articulent entre elles : le judaïsme de l'époque hellénistique, le recours à la langue grecque, la naissance du christianisme.
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