Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Saint Thomas d Aquin

Théologie

Le mot "théologie" est la traduction du grec theologia formé à partir de theo, "dieu" et logie, "étude" ou logos, discours. Il désigne l'étude des réalités qui concernent le divin, ou le discours sur le divin.
Platon employait ce terme à propos de la mythologie et puisque ce mot était plutôt lié à la mythologie païenne, son utilisation par la philosophie classique a d'abord provoqué de la méfiance chez les auteurs chrétiens. Mais finalement les théologiens latins l'utilisèrent dans leurs écrits et son sens s'est alors transformé en "étude de la doctrine chrétienne". Puis au XVIe siècle, le terme a été utilisé dans l'expression "théologie naturelle", qui désigne la connaissance de Dieu d'une façon considérée comme naturelle. Il s'utilise aussi pour d'autres religions que le christianisme.

Une réflexion théologique profonde et durable sur la foi est nécessaire afin que l'humain ne limite pas sa foi au strict cadre de la piété et du rite. Cette démarche de questionnement critique prend sa source à l'intérieur même de la foi vécue et non en dehors d'elle, et en ce sens la théologie se distingue d'une démarche philosophique où la question de Dieu est traitée de l'extérieur. Anselme de Canterbury disait au 12e siècle que la théologie, c'est la foi cherchant à comprendre. Foi et théologie ne s'opposent donc pas.

De nos jours, la théologie donne lieu à une intense recherche sur de nouvelles manières d'exprimer l'idée que l'on se fait de Dieu et de dire notre foi, sur de nouvelles façons de poser et sonder nos questionnements ultimes (le sens de la vie, l'essentiel de la vie...). Elle se met en dialogue avec les sciences modernes, s'ouvre à tous les domaines du savoir (sciences physiques, sciences de la vie, sciences humaines...) et s'enrichit de leurs apports.
De nombreux mouvements théologiques co-existent parce que les grilles de lecture peuvent être diverses ; et c'est une bonne chose car la pluralité de ces théologies témoigne du caractère nécessairement relatif des convictions et confessions. Dieu est toujours au-delà de ce que l'on peut en dire, tout discours sur Lui, quelqu'en soit l'origine, est inévitablement incomplet.

Théologies féministes   Théologie libérale   Théologies de la libération   Théologie du Process   Théologies de "la mort de Dieu"

Aperçu sur les périodes de la théologie protestante au vingtième siècle (à partir d'un article de André Gounelle)

Au vingtième siècle, la richesse théologique est grande. Les Églises protestantes s'attachent à la rendre accessible au plus grand nombre et la formation théologique devient l'un de leurs objectifs prioritaires.

Jusqu'à la fin des années 20 il n'y a rien de très nouveau par rapport au 19e siècle qui est influencé par Auguste Sabatier (1839-1901) et Eugène Menegoz (1838-1921). Ceux-ci attribuaient aux doctrines une valeur symbolique, refusant d'en faire des absolus. Wilfred Monod (1867-1943) développa sa théologie du Royaume qui domine dans le christianisme social, selon laquelle ce monde de souffrances est contraire à la volonté divine.

Vers 1920 en Allemagne et 1930 en France, les théologiens rompent avec la tendance d'associer culture et Évangile et cessent de faire exagérément confiance à l'humain et au progrès. Pour eux, l'Évangile bouscule et met en crise les productions humaines dont même les meilleures ne peuvent procurer le salut. Ainsi Karl Barth (1986-1968) exprime toutes les limites d'une prédication qui se concentre surtout sur "l'opinion que l'homme se fait de Dieu" ; la connaissance de Dieu ne peut avoir un point de départ humain, ni se fonder dans une disposition humaine. Barth met l'accent sur les limites éthiques. De son côté Suzanne de Dietrich recommande une lecture des Écritures qui cherche un message venant de Dieu et qui ne surestime pas l'approche historico critique.

À partir de 1960, de nouvelles voix se font entendre. On découvre la pensée très influente de Dietrich Bonhoeffer qui, dans le contexte du régime nazi, penchait pour un christianisme non religieux, un christianisme devant se soucier de porter secours aux humains et de s'occuper du monde plutôt que de se préoccuper à se faire entendre dans la société. Il postulait le devoir inconditionnel de l'Église envers les victimes de tous les systèmes sociaux, même si elles ne sont pas des chrétiens. Les théologiens de la mort de Dieu radicalisent ce thème en Amérique, affirmant que le message central de l'Évangile est l'appel à une vie authentiquement humaine et non l'affirmation d'un Dieu Tout autre. On s'intéresse aussi à la démythologisation de Rudolf Bultmann (1884-1976), selon qui les catégories mythologiques du monde antique étant caduques, il faut découvrir le sens existentiel de l'Évangile. On traduit Paul Tillich qui de son côté aux États-Unis (1886-1965) cherche à articuler philosophie et théologie, culture et Évangile, et à dialoguer avec les religions non chrétiennes. Georges Casalis, élève de K. Barth, (1917-1987) fait entendre sa voix pour défendre la théologie de la libération. Il plaide pour une réflexion basée sur le vécu des croyants plutôt que sur les doctrines et au nom de l'Évangile il prend de multiples engagements politico sociaux.

Dans la fin du vingtième siècle se développe tout particulièrement une théologie qui se réclame de théologie de la croix, plutôt opposée à l'engagement politique des Églises, et selon laquelle Dieu se révèle dans sa faiblesse de sa défaite et non en gloire. Avec André Gounelle on découvre également la théologie américaine du Process, (Alfred Whitehead), selon laquelle Dieu est une force de nouveauté et de créativité qui agit au cœur du monde.

Actuellement dans le protestantisme aucun courant théologique ne prédomine vraiment, le pluralisme théologique est très fort et les débats sont nombreux. La recherche en théologie protestante est intercontinentale et prend une forte dimension œcuménique. Les différences confessionnelles ne sont pas abolies, mais elles ne constituent plus un frein pour les réflexion communes.
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