Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

L'histoire de la Réforme


Luther

Luther

Luther naît en Saxe à Eisleben en 1483 dans une famille paysanne.
Il apprend le grec et le latin, puis mène des études de droit. Ordonné prêtre en 1507, docteur en théologie en 1512, il est nommé professeur de théologie à l'Université de Wittemberg.

Durant ces années, tourmenté et inquietcomme tous les hommes de son temps, il tremble devant Dieu et craint pour son salut ; c'est un homme en quête spirituelle incessante et ni l'Église ni les théologiens n'arrivent à calmer l'angoisse permanente qui l'habite.
En travaillant sur l'Épître aux Romains pour préparer ses cours en 1518, il redécouvre que le salut ne se monnaie pas, ne se mérite pas, et qu'il est accordé gratuitement par Dieu. Sa vie s'en trouve transformée ; ébloui et libéré il commence à enseigner dans ses cours cette découverte oh combien percutante pour l'époque et qui restera au cœur même des convictions protestantes.
Au nom de la gratuité du salut, Luther va s'opposer de toutes ses forces à la vente des indulgences que délivre le pape aux pénitents.

Luther affichant ses thèses Le 31 octobre 1517 (cette date est considérée par les historiens comme le point de départ de la Réforme), il affiche sur la porte de l'église de Wittemberg ses "95 Thèses sur les indulgences". Le procédé, normal pour l'époque, vise à favoriser les discussions théologiques, il ne choque donc pas particulièrement, et d'ailleurs Luther ne souhaitait ni réformer profondément l'Église ni s'en séparer ; par contre les thèses qui s'en prennent indirectement au pape sont très violemment attaquées par les partisans de celui-ci.

En 1518, Luther rencontre dans des discussions sans issue le cardinal Cajétan, représentant du pape, devant lequel il maintient fermement ses positions.

À partir de 1520 ses thèses circulent, se diffusent, se transmettent comme une traînée de poudre dans toute l'Europe grâce à plusieurs de ses écrits ; elles apportent des réponses rassurantes aux questions angoissées de ce temps et suscitent donc une grande espérance : Sur la papauté de Rome récuse l'idée de pouvoir absolu pour le pape, Manifeste à la noblesse chrétienne de la nation allemande propose de réformer l'Église en profondeur, De la liberté chrétienne affirme que seul Dieu rend libre et juste ; plus besoin d'argent pour acheter des indulgences pontificales, plus besoin d'être riche ou influent pour échapper aux peines éternelles. Quelle libération spirituelle pour tous ces gens obsédés par leur salut ! Mais aussi quel manque à gagner pour l'Église d'Occident corrompue et à bout de souffle.

Le 15 juin 1520, Léon X somme Luther de se rétracter, condamnant ses positions sur la grâce, le péché, les sacrements, la communion sous les deux espèces (bulle Exsurge Domine). Luther répond à cette mise en demeure en publiant, d'août à octobre 1520, trois écrits ayant valeur de manifeste. Il soutient le principe du sacerdoce universel qui affirme que les laïques, de par leur baptême, sont des prêtres comme les clercs, et qu'il n'existe pas entre eux de différence d'essence mais seulement une différence de fonction.
Luther dénonce des sacrements qui sont devenus des moyens d'asservissement au profit de l'Église et affirme que seuls deux sacrements sont bibliques : le baptême et la cène. Quant à la messe, elle n'est nullement un sacrifice.

L'anathème (c'est l'excommunication majeure) est alors lancé contre Luther par l'Église, le 3 janvier 1521.

Du côté du pouvoir politique et à cause des troubles occasionnés par ces toutes nouvelles idées, l'empereur d'Allemagne Charles-Quint convoque Luther en avril 1521 devant la Diète (assemblée politique) de l'Empire à Worms, non sans lui avoir fait accorder un sauf-conduit pour qu'il puisse se déplacer en toute sécurité. Sommé de se rétracter, Luther soutient fermement sa façon de penser et prend délibérément le risque d'être mis au ban de l'Empire en faisant cette déclaration audacieuse :
" À moins d'être convaincu par le témoignage de l'Écriture et par des raisons évidentes, car je ne crois ni à l'infaillibilité du pape ni à celle des conciles, puisqu'il est établi qu'ils se sont souvent trompés et contredits, je suis lié par les textes bibliques que j'ai cités. Tant que ma conscience est captive des paroles de Dieu, je ne puis ni ne veux me rétracter en rien, car il n'est ni sûr, ni salutaire d'agir contre sa conscience. Que Dieu me soit en aide ! Amen "

Bible de Luther
Mis au ban de l'Empire le 25 mai 1921, exclu donc par les deux pouvoirs (religieux et politique), soutenu par les humanistes (Erasme) et par une bonne partie de la population, Luther est enlevé pour sa protection par des hommes du prince Frédéric III Le Sage (certains princes soutiennent la Réforme car ils veulent affaiblir l'influence politique de l'Église) et emmené le 4 mai au château de la Wartburg. Il y vit en semi-prisonnier et durant cette retraite providentielle, il traduit le Nouveau testament en allemand, c'est-à-dire dans la langue parlée par le peuple. Plus tard en 1534, il complètera cette œuvre en traduisant le premier testament.

Un an plus tard, il rentre à Wittenberg où il reprend son enseignement, et surtout publie de nombreux ouvrages. La Réforme se poursuit, ses idées gagnent du terrain.

Pendant la révolte des paysans (1524-1525) qui est provoquée par les rivalités locales et par une grande misère, Luther prend le parti des princes allemands qui écrasent la révolte ; ces princes avaient par ailleurs contribué à sauver la Réforme. Cette prise de position de Luther constitue l'un des rares points noirs de sa vie et à ce propos, Cruvellier écrit : L'approbation par Luther de l'attitude des princes (mais il est un homme de son époque et pas de la nôtre ...) nous choque encore ! Personne n'est parfait !
Casalis quant à lui, suggère que Luther aurait été un pion sur l'échiquier des pouvoirs où jouaient les grands maîtres de l'époque, otage (sans le savoir ?) d'un camp ou d'un autre.

Luther en famille

En 1525 Luther épouse une ancienne religieuse cistercienne, Catherine de Bora avec laquelle il aura six enfants. Refusant le traditionnel célibat des ecclésiastiques, il considère que les joies que procure une famille unie sont un don de Dieu. Dans le protestantisme, la famille pastorale aura tendance à devenir un modèle de famille chrétienne.



En 1529, autre date repère, se tient une Diète à Spire :
L'empereur Charles Quint qui en 1526 avait accordé à titre provisoire aux princes allemands qui le désiraient le droit d'opter pour la Réforme luthérienne, annonce qu'il annule cette concession et que tout le monde doit se rallier à Rome. Cette décision se heurte au refus et à la protestation solennelle des princes favorables à Luther qui adoptent la déclaration suivante :

"Nous protestons devant Dieu, notre unique créateur, conservateur rédempteur et sauveur, et qui, un jour, sera notre juge, ainsi que devant tous les hommes et toutes les créatures, que nous ne consentons ni n'adhérons d'aucune manière pour nous et pour les nôtres au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes..."
On appellera "protestants" les princes qui signent ce texte.

La même année, Luther publie Le Grand Catéchisme destiné aux prédicateurs et Le Petit catéchisme pour les enfants, se montrant ainsi favorable à l'instruction de tous.

En 1530, Charles Quint convoque à Augsbourg une Diète en vue d'une réconciliation générale. C'est Mélanchton, principal disciple de Luther, qui présente et défend les positions luthériennes avec un texte que l'on appelle la Confession d'Augsbourg et à laquelle on se réfère encore aujourd'hui dans sa version de 1530 ; malgré des formules conciliantes et modérées qui visent à mettre fin aux conflits, le texte est rejeté par les autorités ecclésiastiques et il faudra attendre 1555 et de nombreux autres remaniements auxquels Mélanchton consacrera une partie de sa vie, pour voir cette confession entérinée : le traité reconnaîtra enfin l'existence de deux Églises en Allemagne, celle de la Confession d'Augsbourg, et la catholique ; selon le principe" cujus regio ejus religio " (tel prince, telle religion), chaque prince choisit pour lui et ses sujets.

Le luthéranisme s'implantera surtout en Europe du Nord : Allemagne, Danemark, Suède, Norvège...

Personnalité fabuleuse par la profondeur de son expérience religieuse et par son amour de la vie, père de six enfants, auteur des Propos de table et théologien hors pair, passionné et passionnant, Luther meurt le 8 février 1546 à Eisleben, sa ville natale. Cruvellier

Il serait vain, écrit Casalis, de vouloir chercher à la Réforme une origine unique ou une paternité évidente ; c'est le polycentrisme qui caractérise ce mouvement car bien des personnalités et des peuples y ont apporté une pierre originale. Ainsi en Suisse la Réforme s'implante vers 1519 sous l'impulsion de Uldrych Zwingli (1484-1531) et la majorité des cantons suisses passera alors à la Réforme.

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