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Romans

Aki Shimazaki Tonbo. Actes Sud, avril 2011, 136 p.


Couverture de Tonbo Les histoires que raconte Aki Shimazaki se lisent en un rien de temps mais elles nous plongent dans un monde et un temps très singulier. Tout est paisible, doux et léger, sans outrance. La vie s'écoule calmement, sans violence, sans désordre, tout en retenue ; et cette impression est très étrange car en même temps la plupart des récits de Aki Shimazaki ne donnent pas dans le "bisounours" mais ils mettent en lumière de sombres secrets familiaux discrètement révélés, ceux-ci prenant place parmi la féroce réalité du monde professionnel japonais ou encore au sein de l'histoire dramatique de ce pays.

Tonbo est le troisième volet du deuxième cycle romanesque d'Aki Shimazaki, et c'est toujours la même écriture dépouillée, précise, pudique et jamais indifférente.

Après avoir démissionné d'une prestigieuse société japonaise parce qu'il ne voulait pas partir dans une filiale à l'étranger, Nobu le narrateur met sur pied un juku, c'est-à-dire une école privée où sont donnés aux lycéens des cours privés pour les préparer aux concours d'entrée de l'école de leur choix. Sur une idée de sa fille, Nobu nomme son établissement Tonbo, -ce qui signifie "libellule"-, sans se douter que ce nom aura des ramifications multiples dans son passé et son avenir.
Le père du narrateur, un enseignant respecté et fort apprécié pour sa douceur et sa bonté envers ses élèves, s'est suicidé une quinzaine d'années plus tôt après avoir giflé un élève rebelle qui malheureusement décéda le lendemain, mais pour une tout autre raison. Malheureusement les médias à l'époque s'étaient emparés de la nouvelle et l'avaient montée en épingle...

Jirôi, ancien élève du père, reprend contact avec Nobu et pour retrouver la paix avec lui-même, il lui révèle ce qui s'est vraiment passé dans les semaines ayant précédé l'accident. Et c'est tout un pan d'un passé lourd et difficile qui s'éclairera grâce à cette rencontre.

Ce récit délicatement ciselé a un pouvoir évocateur très fort, et il est étonnant de voir combien une écriture aussi minimaliste, avec ses mots si simples et si touchants, peut dépeindre des situations et des relations pourtant difficiles et complexes.

Aki Shimazaki qui vit à Montréal depuis 1991, nous livre également dans ce roman un témoignage intéressant et vivant sur la société japonaise actuelle, évoquant le poids de l'entreprise dans les vies personnelles, les relations familiales avec leurs codes, la philosophie japonaise et sa sérénité, ou encore l'attachement à la nature.
CW
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