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Hagondange - Maizières-lès-Metz

BD

Nathalie Ferlut   Lettres d'Agathe   Delcourt, mars 2008, 94 pages
Couverture de Lettres Agathe Ces lettres espacées de quelques années sont celles qu'Agathe adresse à sa mère morte et qui lui permettront de guérir de ses douleurs d'enfance et de donner du sens à son histoire.
Dans la première lettre, elle retrace son enfance difficile et règle ses comptes avec ses souvenirs douloureux de petite fille mal aimée et d'adolescente rejetée. Elle raconte les brimades d'une mère austère et si distante avec sa fille, les robes mal coupées, les remontrances et les interdits, les silences, les frères tout au contraire adulés par la mère, les incompréhensions, le manque d'échanges, la solitude de l'adolescente qui découvre seule son nouveau corps. Elle trouvera de l'affection auprès d'autres personnes, mais jamais auprès de sa mère et cet amour lui manquera toute son enfance, jusqu'à la rupture... Page après page, nous voyons Agathe grandir et se transformer en une jeune femme qui cherche à s'émanciper et dont les questions restent sans réponse.




planche de Lettres Agathe La deuxième lettre est écrite sous forme de confidence, longtemps après. Alors qu'Agathe est une jeune femme indépendante, divorcée et amoureuse, elle n'est apaisée qu'en apparence car elle ne s'est pas vraiment affranchie de son ressentiment. Mais grâce à quelques photos montrées par sa tante, un coin du voile va se lever... Elle découvre par hasard des choses à propos de cette mère fermée, si mal connue et dont elle n'a jamais pu percer le secret. Et elle prend enfin conscience que sa mère fit partie de cette génération de femmes placées sous la coupe du mari, souvent cantonnée au foyer et à qui on avait appris à obéir, se taire, subir, et préparer ses filles à connaître le même destin. Tenter de comprendre celle qui l'a toujours rejetée, voici ce qui lui permettra de tourner la page ; et qui sait, de se rapprocher et d'instaurer enfin une sorte d'accord posthume.

Puis le rideau est définitivement tiré sur la souffrance et la rancœur avec la dernière lettre, celle du retour enfin possible sur les terres familiales. Agathe devient mère, à son tour.

Le dessin et la mise en couleur rappellent les années 50 et sont assez réalistes. Très éloquents au niveau des attitudes et des ambiances, ils évoquent adroitement toute la complexité du vécu d'Agathe et de son évolution.
Cette histoire dense et habilement mise en scène est écrite à partir d'une histoire vécue. Elle est racontée de façon fine et émouvante mais sans tomber dans le pathos, avec un ton étonnamment juste et naturel, et des mots qui transmettent toute une palette d'émotions. Elle rappelle combien il peut être difficile pour un enfant de se construire lorsque l'amour et les échanges confiants sont absents. Elle montre aussi comment le chemin du pardon et de la réconciliation est possible, par-delà la mort..
CW

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