Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Réflexions théologiques

Henri Persoz Impensable résurrection, Éditions Passiflores Tournus, 2012, 209 p.


Si vous cherchez des réponses sur la résurrection, alors cet ouvrage n'est pas pour vous. Ou plutôt si, car il contribue à faire réfléchir en alimentant une réflexion claire et précise sur cette question si complexe de la résurrection, en faisant honnêtement la part des choses entre notre désir bien humain qu'il existe un Au-delà, ce que les Écritures en disent vraiment (ou ne disent pas), et ce qu'a "rajouté" la tradition des Églises.

On s'aperçoit assez vite que les Écritures accordent finalement assez peu de place à la résurrection des morts, préférant plutôt parler de la vie ici-bas. De même, elles restent sobres et discrètes sur la résurrection de Jésus, ce qui est assez étonnant puisque le christianisme en a fait le cœur de son message. Quoiqu'il en soit, au 21e siècle, est-il encore possible d'aborder la question de la même manière que les penseurs chrétiens il y a 2000 ans ? Non répond l'auteur, en tout cas on ne peut plus soutenir telle quelle cette conception de la résurrection des morts, il en va de la crédibilité du christianisme. Les textes bibliques doivent se lire et se comprendre en tenant compte des concepts et des modes de pensée de l'époque, en tenant compte aussi d'un contexte de "fin des temps" : les premiers chrétiens pensaient que la fin des temps étaient proches et que Jésus allait revenir assez rapidement.

Mais loin de vouloir heurter son lecteur, combattre des idées ou porter atteinte au christianisme, Henri Persoz propose un parcours serein et bien argumenté qui veut contribuer à sortir de certains malentendus pour rendre le christianisme plus vivant et plus crédible.

L'auteur démarre sa réflexion avec un aperçu très intéressant des croyances sur la résurrection en vigueur dans le Proche-Orient ancien, montrant qu'elle n'est pas une idée nouvelle émanant du christianisme. Il poursuit par l'évocation d'un christianisme primitif non centré sur la résurrection, avec des courants primitifs "non orthodoxes" aux yeux desquels il était bien plus important de conserver l'enseignement de Jésus. Ces courants ont été combattus par l'Église dominante...

Puis en analysant le contenu des épîtres pauliniennes, H. Persoz présente la façon dont la pensée de l'apôtre a évolué sur le sujet, passant en une dizaine d'années d'une conception fantastique de la résurrection des morts, à une conception plus réaliste où il proclame que Christ est mort et ressuscité et que les mortels quant à eux, ne sont pas entraînés dans une vie au-delà de la mort. Et quand Paul évoque la vie que Dieu donne aux morts, il parle plutôt de la vie sur terre et de la foi qui nous réveille et nous relève, nous les vivants.

L'auteur poursuit son parcours par un détour du côté des évangiles synoptiques qui tout en faisant parfois appel au langage apocalyptique de l'époque et tout en laissant entrevoir l'espérance de la résurrection, ne parlent que très peu de la résurrection des morts. Bien plus, Jésus détruit la thèse des pharisiens sur la résurrection des corps et ramène le problème de la mort à celui de la vie (Mt 22,33). De même, le royaume de Dieu n'est pas forcément à associer à l'idée d'une résurrection, mais plutôt à une plénitude de vie vécue dans l'amour et le souci de l'autre. Les évangiles parlent surtout de la résurrection de Jésus.
L'évangile de Jean est examiné dans un chapitre à part, avec cette idée johanique de la vie éternelle qui concerne essentiellement notre réalité présente et terrestre.

Dans son dernier chapitre, l'auteur aborde le sujet de la résurrection de Jésus. Que peut-on dire raisonnablement sur les apparitions de Jésus après sa mort ? Comment concilier les divergences entre les récits des évangiles ? Il est quasiment unanimement reconnu qu'à l'origine, l'évangéliste Marc ne racontait pas d'apparition de Jésus et terminait son récit par la découverte des femmes au tombeau. Les apparitions sont plutôt à comprendre comme une conséquence de la foi en la résurrection de Jésus.

Le christianisme est-il donc dépassé ? Pas du tout affirme H. Persoz, à condition de bien distinguer mythologie biblique et message éternel des Écritures, message qui proclame surtout que la vie est faite pour se soucier de celui qui est dans le besoin. La force des paroles de Jésus reste extraordinaire et c'est en cela que Jésus est suscité à nouveau, pour jaillir encore de partout.
CW

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