
Prédications
Quelle parole sommes-nous venus entendre ? Ésaïe 35 Matthieu 11/2-11.
Qu'êtes-vous donc allés voir dans le désert ?
Cette question que Jésus pose à la foule montre bien à quel point il est difficile, pour cette foule et sans doute aussi pour nous, d'identifier les temps, qu'il est difficile de discerner le message de Dieu et surtout d'en reconnaître les messagers.
Jean le Baptiste, lui-même, doute. Pourtant, il sait. Il a vu au moment du baptême l'Esprit de Dieu descendre sur Jésus. Et effectivement il dit bien à ses disciples "Allez le lui demander , allez demander au Messie si c'est celui qui doit venir ".
Il faut dire que le peuple d'Israël, depuis le prophète Ésaïe, attend. Il attend un messie puissant. Il attend un Dieu vainqueur qui doit venir délivrer Israël. Il attend la venue du messie, de celui qui doit chasser l'impur, l'occupant romain, hors de la terre d'Israël et rétablir la royauté divine. Il attend un Dieu fort, militaire, "l'Éternel-des-Armées". Jean Baptiste lui-même, qui est reconnu comme le précurseur, semble annoncer, lui aussi, ce messie, ce messie qui fera le ménage dans le désordre du monde, celui qui a la pelle à vanner dans la main et qui sépare le bon grain de l'ivraie, qui jette au vent la balle du blé.
Oui ! Tous attendent quelque chose, un événement. Tous attendent une sorte de grand soir qui va rétablir Israël.
Et voilà qu'arrive ce Jésus ! Cet homme qui, même s'il accomplit des signes miraculeux, qui même s'il a une prédication forte et pleine d'autorité, ne correspond pas à ce que l'on attend du messie. On peut même imaginer que Jean dans sa prison est déçu. Peut-être même se dit-il qu'il souffre le martyr pour pas grand-chose si ce qu'il annonce ne se réalise pas.
La venue du messie de Dieu, c'est le détournement de ce que l'homme imagine. C'est le contre-pied même de ce que l'on attend de Dieu.
Dans ce temps de l'Avent, nous sommes appelés à la suite de Jean Baptiste et à la suite des auditeurs de Jésus, à remettre en question notre point de vue. Oui ! Nous sommes appelés à nous poser cette question : qu'est-ce donc que nous venons voir ? Quelle parole venons-nous entendre ? Attendons-nous quelqu'un qui va d'un coup de baguette magique, balayer ce monde pour établir un monde parfait, un monde sans défaut, un monde lisse ?
Ou bien sommes-nous venus entendre une parole qui dérange ? Une parole qui nous met debout. Une parole qui nous invite à manifester dans ce monde la présence du royaume de Dieu ? Un royaume inauguré par cet homme Jésus, inauguré dans la naissance de ce petit enfant de Noël, achevé aussi par la croix et la résurrection de Pâques.
Dans ce temps de l'Avent, nous sommes invités à revoir complètement notre point de vue.
En avançant vers Noël, il nous faut comprendre que depuis deux mille ans, Dieu est là en Jésus Christ, qu'il nous accompagne jour après jour, que le royaume de Dieu n'est pas une réalité à venir, une espérance pour un monde futur. Il est une réalité qui germe aujourd'hui, dans notre vie par l'acceptation du Seigneur, et par l'écoute de sa parole dans la vie que nous menons chaque jour, enrichie par cette parole.
Alors, aujourd'hui, qu'est-on est venu entendre ? Quelle parole est-on venu entendre ? Nous sommes invités à avancer avec cette question, à la faire nôtre, et à y réfléchir, à nous approcher ainsi de Noël avec un autre regard, une autre espérance.
Amen !