Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Annonce aux bergers De Saussure
Prédications





Soyons des citoyens du royaume et des sujets de son Roi de paix et d'amour ! Romain 8/28-39 Luc 23/35-43

Quand on parle de souveraineté de Dieu, de royauté du Christ, ce sont bien souvent de fausses images qui nous viennent à l'esprit, tant les gens ont besoin de croire en un Dieu tout-puissant, miraculeux, un Dieu qui intervient avec force par des manifestations extraordinaires de sa puissance. Déjà le peuple d'Israël devant la montagne du Sinaï voyait Dieu comme cela. Le prophète Élie, lorsqu'il monte sur l'Horeb pense aussi au départ que c'est dans la puissance et dans la violence que Dieu se révèle.
Et pourtant...

Pourtant, contrairement à l'impression que peut donner une lecture superficielle, la Bible ne montre pas un Dieu de violence, un Dieu guerrier. Elle nous décrit un Dieu qui ne veut pas convaincre par la force, mais par la persuasion. C'est sur la croix que se révèle le mieux l'image de la royauté, de la souveraineté de Dieu.
Et pourtant...

Pourtant la croix, c'est l'échec, l'échec total, l'échec absolu. La croix, c'est le supplice le plus dégradant que l'on puisse imaginer pour Dieu. Jamais aucun homme sur terre n'aurait pu imaginer que Dieu, qu'un dieu quel qu'il soit, puisse subir ce châtiment-là.
Et pourtant...

Pourtant c'est sur la croix que l'on voit Dieu. Et tous ceux qui sont autour de lui se moquent : " Où est donc ta puissance ? Où est donc ta force ? Où est donc ta royauté ? Si tu es le Christ, le messie, celui qui est choisi par Dieu pour sauver le monde, que fais-tu sur cette croix ? "
Les gens se moquent parce qu'un Dieu qui n'exerce pas sa toute puissance avec force signes et miracles est un Dieu qui semble mépriser les hommes, qui semble se moquer des hommes. Et pourtant sur la croix Dieu révèle sa véritable force, Dieu révèle sa véritable puissance.

C'est le prophète Ésaïe qui nous le montre (Es 52/13 sq) : Sur la croix celui qui meurt, meurt parce que d'autres l'ont placé là, l'ont pris comme bouc émissaire. Celui qu'il est facile de charger de tous les péchés du monde. Celui dont il est facile simple et bon de se débarrasser car il dérange à cause de son discours ; celui qui met en avant, devant les yeux des hommes, leurs fautes, leurs volontés de puissance, leurs méchancetés, leurs refus de solidarité, le rejet des autres, leurs égoïsmes.
Et ce Dieu, cet homme-Dieu, va jusqu'au bout de son discours. Jusqu'au bout de son message, de son Évangile, refusant d'imposer son point de vue par la violence. Il accepte que la violence se déchaîne contre lui et c'est en cela qu'il obtient la victoire car il montre jusqu'où peut aller la méchanceté et la bêtise. Il montre que la violence ne peut jamais avoir le dernier mot contre les doux et ceux qui sont non-violents.

Nous sommes les fidèles de ce Dieu non-violent. Nous sommes les sujets de ce Roi un peu spécial, de ce Roi bizarre. L'histoire du monde nous montre à quel point ce Dieu est fou. Nous ne pouvons pas nous prévaloir d'une quelconque force et d'une quelconque puissance. Nous ne pouvons pas aller dans le monde en essayant de convaincre par la force et la violence. Ce discours-là serait totalement contraire au message de l'Évangile, contre-productif.
Mais nous avons pour nous la certitude qu'en étant citoyen du royaume de Dieu, sujets de ce Roi de paix et d'amour, c'est notre vie qu'il nous donne, c'est notre Salut.

"Nous savons que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. "
À partir de ce message de l'épître aux Romains, le lecteur pourrait croire que Paul a voulu instiller de la division, de l'arbitraire dans le choix des élus, en parlant de la prédestination.
La seule prédestination que Dieu donne à ces enfants, c'est qu'ils peuvent eux, tous, quels qu'ils soient, se revendiquer de son amour, se revendiquer du salut qu'il nous donne, se revendiquer de la vie éternelle qu'il offre à tous. Cela est notre prédestination. Le reste n'est que glose, verbiage, mensonge. Ceux qu'il a d'avance connus, il les a prédestinés. Ceux qui se tournent vers Dieu pour quémander le salut, pour demander la force d'être remis debout, ceux-là sont prédestinés à être des enfants de Dieu, à être des citoyens de son royaume.

Avec l'apôtre Paul on peut alors rajouter : "Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? " Dieu aime, il prédestine sa création au salut et à la paix.

Nous pouvons annoncer, nous approcher de lui avec confiance car il est pour tous, nous en avons l'assurance, source de salut et de vie : rien ne peut nous séparer de cet amour. Rien, pas même la persécution, ni la mort, car nous le savons " ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs ni aucune autre créature ne peut nous séparer de l'amour de Dieu, manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur. " Oui, tout concourt au bien de ceux qui se tournent vers Dieu et qui en acceptent la royauté.

Aujourd'hui en ce dernier dimanche de l'année de l'Église, nous voulons nous placer sous la royauté du Christ. Nous voulons placer toute notre vie sous cette royauté. Rejetant nos désirs de puissance , rejetant nos désirs de soumettre le monde, de soumettre les autres, nous voulons accepter d'avancer comme des quémandeurs de l'amour de Dieu. Comme ceux qui dans leur confiance savent que l'avenir n'est pas à conquérir, mais qu'il est donné par Dieu.
Amen
Jacques Morel Prédications Prédications 2007
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