
Prédications
Le Saint-Esprit vient désormais habiter le croyant Romains 5/1-5 Jean 16/12-15
Dans leurs célébrations, nos paroisses doivent être des lieux de ressourcement et d'espérance pour chacun d'entre nous. Nos paroisses doivent saisir toute occasion pour une proclamation et une prédication qui soient véritablement bonne nouvelle annoncée à toutes et à tous. Alors, à partir des lectures de ce jour, je vous invite à prendre ensemble cette direction.
Le passage de l'Évangile de Jean nous dit que Jésus avait encore beaucoup de choses à dire à ses disciples. Mais les disciples n'avaient pas encore reçu le Saint-Esprit. Leur compréhension était donc encore limitée. C'est en effet plus tard que l'Esprit devait les conduire dans toute la vérité, bien entendu dans le sens d'être un guide et non de forcer ou de contraindre. C'est plus tard que l'Esprit devait leur révéler pleinement la vérité et les introduire dans cette connaissance. C'est plus tard qu'il devait leur faire sonder les choses profondes de Dieu. Car il est l'Esprit de vérité et la vérité ne se trouve que dans une personne divine, Christ, qui est la parole faite chair. C'est la révélation de Dieu en amour et en grâce. La vérité n'est pas une découverte humaine, elle est un don de Dieu. Et Dieu s'est révélé de manière progressive jusqu'à Jésus-Christ. Il n'y a pas eu une évolution de la vérité, qui est absolue et immuable, en fonction des circonstances ou des temps. Chaque nouvelle révélation s'ajoute aux précédentes, sans jamais les contredire.
Le rôle central du Saint-Esprit est donc de glorifier Christ. Le Fils est venu sur la terre pour révéler et glorifier le Père. Le Saint-Esprit a été envoyé ici-bas pour révéler et glorifier le Fils, ses richesses insondables, ses gloires et sa position nouvelle. L'unité est si complète entre le Père et le Fils que ce qui vient d'une personne divine vient aussi de l'autre.
Avec la venue du Saint-Esprit, nous avons maintenant la vérité pleinement révélée. Le Saint-Esprit rappelle les paroles du Seigneur : ce sont les Évangiles, dont le but est d'amener chacun à croire. Le Saint-Esprit conduit dans toute la vérité et dit tout ce qu'il a entendu : les Épîtres, qui complètent la parole de Dieu et qui établissent la doctrine chrétienne, en rendent compte.
Et le chapitre 5 de l'Épître de Paul aux Romains débute par une conclusion triomphante : "Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ". Plus de doute possible mais, au contraire, une pleine certitude d'une justification bien établie. Nous sommes donc placés dans une position toute nouvelle devant Dieu, permise par notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons la paix avec Dieu. Le passé est définitivement réglé. La gloire de Dieu est notre sûre espérance. L'avenir aussi est donc assuré. Enfin, la grâce nous donne accès à la faveur de Dieu dans notre présent.
Connaissant maintenant Dieu qui justifie celui qui est de la foi de Jésus et qui a ressuscité Jésus d'entre les morts pour notre justification, le croyant est en paix avec lui. Il sait qu'il est accepté, tel qu'il est, et qu'il n'y a plus de différend entre lui et Dieu. Cette paix avec Dieu est inébranlable et éternelle. Rien ne peut la troubler, ni le souvenir de ses fautes passées, ni même le péché qui habite encore en lui. Est-il nécessaire d'ajouter que le croyant n'a rien à apporter pour produire cette paix, qui ne dépend ni de ses œuvres accomplies, ni de la sainteté de sa conduite, ni du service le plus dévoué après sa conversion ? Cette bénédiction appartient à tous ceux qui sont justifiés sur le principe de la foi en Jésus-Christ, sans aucune exception.
Notre avenir est aussi béni et assuré. "Nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu". L'entrée dans la gloire qu'attend le croyant est une certitude. Jésus, son Sauveur, s'y trouve déjà et il lui en garantit l'accès. "Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père " nous dit Jésus "et je vais vous préparer une place (...) afin que là où je suis, vous y soyez aussi". Réjouissons-nous donc à la pensée d'être avec le Seigneur.
C'est aussi par notre Seigneur Jésus-Christ que nous sommes introduits ici et maintenant dans une position de faveur et d'intimité personnelle avec Dieu. Dieu nous aime, inconditionnellement. La faveur de Dieu, meilleure que la vie, est désormais notre part. Quelle position heureuse ! C'est par la foi que nous l'avons reçue et c'est par la foi que nous pouvons en jouir dans toutes les circonstances de la vie.
Mais comment le croyant va-t-il affronter les difficultès, les épreuves, les tribulations, qui ne manqueront pas ? Vont-elles le déstabiliser ? Contredisent-elles cette faveur dans laquelle il se trouve ? Doit-il les traverser avec stoïcisme et en s'endurcissant ? À toutes ces questions, Paul nous répond avec une étonnante assurance : "bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations".
Les souffrances donnent-elles vraiment l'occasion de se réjouir et de se glorifier ? Certes, nous comprenons que cette pensée puisse heurter, surtout celui ou celle qui traverse une peine profonde. Méme Jésus frémit en son esprit, fut tout ému et pleura lors de l'épisode de la mort de Lazare. Mais Dieu désire vraiment faire connaître au croyant les ressources de sa grâce. Trois motifs expliquent l'attitude du croyant face à l'épreuve : la foi, la grâce qui enseigne et le secret intérieur du cœur.
La foi, la confiance en Dieu, nous fait réaliser que si Dieu permet une épreuve, ce n'est pas pour punir ou par indifférence. Dieu demeure toujours un Dieu d'amour et de grâce. En acceptant l'épreuve permise par un Dieu qui aime, le croyant regarde vers l'issue, sachant que la tribulation produit la patience. L'épreuve n'est pas la source de la patience, mais elle fournit l'occasion de recevoir du secours. Au lieu de se consumer dans des questions sans réponses ou de se décourager, l'enfant de Dieu traversera son épreuve avec Christ, qui se tient toujours près de lui pour le fortifier. Sachons le reconnaître malgré la peine et sachons nous remettre avec confiance à celui qui est plein de compassion et de miséricorde.
Dieu n'a jamais promis au croyant d'écarter les épreuves de sa vie ou de transformer ses circonstances extérieures. Comme un divin éducateur, il utilise l'école de la vie pour le former. Si le salut ne dépend nullement de ces expériences, elles restent irremplaçables pour nous faire croître, pour nous détacher des choses vaines et pour nous attacher plus profondément à Dieu et à son Fils Jésus-Christ. L'expérience chrétienne consiste à connaître Dieu et ses ressources. Avec les épreuves traversées avec patience, on peut expérimenter la grâce agissante du Seigneur et l'enchaînement de vertus produit par cette grâce : persévérance, victoire dans l'épreuve et espérance. Dieu nous accompagne sur nos chemins et il nous instruit pas à pas.
Enfin, le Saint-Esprit vient désormais habiter dans le croyant. En plus de la sagesse, de l'intelligence, de la force, du conseil, de la crainte et de la connaissance, qu'il nous est possible d'expérimenter, l'amour de Dieu est donc répandu dans nos cœurs.
Laissons-nous pénétrer par cette certitude : l'amour est de Dieu. Dieu verse son amour dans notre cœur comme une source inépuisable. Et dans les versets 38 et 39 du chapitre 8 de cette même Épître, Paul nous dit qu'il a l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.
Quel ressourcement, quelle espérance et quelle bonne nouvelle pour chacun d'entre-nous.
Amen.